126e congrès, Toulouse, 2001
Terres et hommes du Sud

Thème 3 : cultures du Sud

Sous-thème : Médecine savante et médecines populaires

Chapitre : Les institutions médicales

Titre : Les animaux dans les pharmacopées savantes et traditionnelles : évolution en France au cours des siècles

Les drogues citées dans les pharmacopées traditionnelles sont majoritairement végétales. La présence des produits d'origine animale est beaucoup plus modeste ; elle n'est cependant pas nulle et son importance peut même devenir non négligeable pour les populations vivant dans certains écosystèmes où la végétation est rare.
En France et dans les pays du Bassin méditerranéen, les drogues animales sont utilisées à des fins médicinales depuis l'Antiquité. Il s'agit d'insectes, de produits (fientes, graisses, sang, fiel, etc.) provenant d'animaux divers et de produits humains (sang, urine, excréments, etc.). La période d'utilisation la plus intense de cette pharmacopée se situe entre le XVe et la fin du XVIIIe siècle. Au cours de cette période, des différences quantitatives et qualitatives marquent une nette délimitation entre la médecine savante et les médecines traditionnelles qui ont cours en France. Médecins et apothicaires ne mettent à profit qu'un nombre assez restreint (environ 5%) de drogues animales - contre 30% pour les médecines " populaires " - et leur choix se porte essentiellement sur des matières de provenance lointaine. Les guérisseurs, rebouteux, matrones… font appel aux ressources locales (animaux domestiques et sauvages). Ces divergences sont déjà porteuses du mouvement qui conduira la pharmacopée animale vers un déclin lent et régulier.
L'évolution de la pharmacopée animale sera explorée au cours du temps dans les deux registres (pratiques " savantes " et thérapeutiques traditionnelles). Cette traversée dans le temps s'achèvera par une observation - dans les Cévennes, de nos jours - des pratiques de médecine " populaire " qui mettent en jeu des animaux. Les évolutions respectives, dans cette zone, des pharmacopées animale et végétale seront comparées.



Mme Élisabeth MOTTE-FLORAC, maître de conférence à la faculté de pharmacie de Montpellier, membre de la Société européenne d'ethnopharmacologie

Membre des sociétés savantes :
Académie des hauts cantons, Membre
Société d'histoire de la pharmacie, Membre
Société des africanistes, Membre
Société des amis du musée montpelliérain de la pharmacie, Membre