134e congrès, Bordeaux, 2009 - Célèbres ou obscurs. Hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire

mercredi 22 avril 2009 - 14:00


Thème 1. Hommes célèbres et illustres

Sous-thème : Colloque 1-2. Héros et héroïnes de la Révolution française

Chapitre : Les anti-héros, ou d'autres héros ?

Titre : Le procureur général syndic : un anti héros de la Révolution française ?

Le procureur général syndic est une institution éphémère (1790-1793), mise en place par les constituants pour incarner la présence du pouvoir exécutif au sein des nouveaux départements. La suppression de ces administrations face aux tensions de 1793, la délimitation stricte de leur action administrative et la globale modération politique des procureurs ont dessiné le portrait d’un homme sans pouvoir réel et sans créativité politique. Alors que l’historiographie révolutionnaire a canonisé ses grands hommes dès 1789, le procureur général syndic, isolé dans sa fonction sans panache, fait figure d’anti héros notoire. La propension « romanesque » de la dialectique révolutionnaire, mal adaptée à la simple notabilité de province, a par ailleurs participé à l’oubli progressif de l’institution. Pourtant, le dépouillement conjoint des archives départementales et nationales permet de souligner l’influence fondamentale de ces hommes au niveau local. Alors que la Révolution met à la tête du département une instance collégiale, le procureur général syndic devient de fait la seule personnification officielle de la nouvelle circonscription administrative. Non seulement il est perçu comme tel à Paris, mais au sein du département, il participe à la « mise en réalité » d’un nouveau territoire politique. Dès lors, il peut s’inscrire dans la mémoire départementale comme une sorte de héros fondateur. On retrouve ici la question de l’héroïsation et plus globalement la problématique de cette communication : comment la construction d’une mémoire départementale participe à un processus d’héroïsation ? Comment ce processus peut dépasser l’image négative d’une institution minorée ?

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Mme Gaïd ANDRO , enseignante dans le Secondaire et docteur en histoire moderne