142e congrès, Pau, 2017
Circulations montagnardes, circulations européennes

I. Circulations montagnardes d'hommes et de biens

Sous-thème : I.2. L’exploitation et la transformation des ressources naturelles

Titre : Encadrer une coutume migratoire : l’exemple de la transhumance

La transhumance est sans doute une des plus anciennes formes de circulations montagnardes périodiques. C’est une question pastorale, mais au delà, elle peut aussi s’envisager sous un angle administratif et international. Si la mise en œuvre de la circulation d’animaux domestiques dans un cadre montagnard frontalier fut longtemps une affaire locale basée sur la coutume, la situation évolue au début du XXe  siècle. Les archives de l’administration du ministère de l’Agriculture font en effet apparaître le besoin grandissant de l’État d’en connaître davantage, d’encadrer voire d’institutionnaliser ces pratiques, en codifiant l’usage de l’espace montagnard. Le souci est avant tout sanitaire, pour éviter les épizooties. Comment l’État s’y est-il pris pour lutter contre ces fléaux que la transhumance ne pouvait qu’aggraver ? Comment soumettre la transhumance et la circulation montagnarde à ces besoins vétérinaires ? Je me propose d’y réfléchir, en m’appuyant notamment sur le cas pyrénéen, à partir de fonds ministériels de l’Agriculture qui montrent la préoccupation d’encadrer le coutumier, par des accords internationaux, des douanes, des opérations de vaccination, tout en devant s’adapter à la réalité du terrain montagnard.


M. Henri PINOTEAU, conservateur du patrimoine responsable du pôle Agriculture et PTT (Postes, télégraphes, téléphones) aux Archives nationales