142e congrès, Pau, 2017
Circulations montagnardes, circulations européennes

II. La montagne entre centre et périphérie

Sous-thème : II.1. Montagnes et frontières : protéger et défendre

Chapitre : Session « Transmission des savoirs par cartographie »

Titre : La levée des troupes de montagne à l'armée des Pyrénées en 1793. Entre particularismes et intégration d'une culture tactique

Par décret en date du 6 septembre 1792, la Convention nationale décide la formation d'une Légion nationale des Pyrénées. Cette décision est complétée par un second décret, en date du 9 février 1793, qui autorise la formation d'une Légion des montagnes. Il s'agit d'abord de préciser le contexte de ces formations (une troisième légion, la Légion des deux-mers, ne verra jamais le jour), alors que la guerre avec l'Espagne n'est pas encore ouverte. La spécificité tient aussi à l'identité de ces formations, dont le noyau est composé des multiples compagnies franches de miquelets. L'expérience particulière de ces troupes de montagne, auxquelles l'Ancien Régime eut déjà largement recours, dessine les contours d'une singularité au sein de l'armée nationale. Particularisme tactique ? Particularisme social ? Esprit de corps tiraillé entre la représentation négative de la désertion et de l'incivisme, et la représentation plus valorisante de l'honneur et de la bravoure ? Nous nous efforcerons de dresser un portrait contrasté à partir des données fournies par les états de service de quelques compagnies, par les mémoires des officiers qui les commandèrent, par les parcours individuels de certains d'entre eux. La nécessaire recomposition de l'armée en 1794 allait conduire à l'intégration de ces légions, donc à gommer les particularismes. Le commandement ne peut pas pour autant se dispenser de l'expérience des troupes de montagnes. Selon d'autres modalités, la levée de ce type de troupes conduit les généraux à reformuler le lien entre le recrutement local et l'organisation des troupes réglées, entre les cultures tactiques et la visée stratégique.


M. Bernard GAINOT, maître de conférences honoraire à l'Institut d’histoire de la Révolution française, université Panthéon-Sorbonne

Membre des sociétés savantes :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Mâcon, Membre correspondant
Association pour l'histoire de la colonisation européenne (1750-1850), Vice-président
Société des études robespierristes, Membre du conseil d'administration