142e congrès, Pau, 2017
Circulations montagnardes, circulations européennes

Atelier 2. Montagne : enracinement, détachement et appropriation

Sous-thème : A.2.c. La montagne transformée

Titre : Aire de passage, aire routière. Circulation des pouvoirs, intérêts et modèles extra-locaux dans l’espace préalpin, le Mendrisiotto entre le IVe et le XIIIe siècles

Le 26/04/2017 - 09:30

À la fin de l’époque ancienne, Mendrisio et le Mendrisiotto occupaient une place importante dans l’espace sud-alpin en raison de la convergence sur leur territoire de diverses routes qui, en traversant le territoire comasque reliaient les principales localités de la plaine padane aux centres du nord des Alpes en passant par Bellinzone et Coire. Alors qu’aujourd’hui le Mendrisiotto représente un petit territoire d’environ 100 km carrés traversé en quelques minutes grâce aux axes routiers et ferroviaires, lorsqu’on le considère comme une « aire de passage » ou une « aire routière » et si on le regarde à l’intérieur de l’important district du Seprio né à la fin de l’époque ancienne, il dévoile tout son poids par rapport aux importants flux économiques et politiques internationaux de l’époque. Par son orographie complexe, le Mendrisiotto compte de nombreux habitats et de multiples forteresses et retranchements, tout en se caractérisant comme l’une des aires qui complètent les terres de frontières qui, depuis le IVe siècle, avaient trouvé dans la cluse de Bellinzona son principal rempart militaire et sa frontière. De plus, il était une pièce importante à l’intérieur d’un projet de programmation territoriale dont les moteurs se situaient dans les villes sud-alpines avec leurs élites, leurs évêques et leurs grandes institutions monastiques. Ces multiples acteurs ne manquaient pas de manifester leurs intérêts et leurs desseins en raison des opportunités que les aires de frontière et les territoires nord-alpins représentaient. Les territoires de transit tels que le Mendrisiotto offraient d’intéressantes opportunités d’investissement en raison de la présence de ressources naturelles, de la proximité avec d’importantes voies d’eau et de l’existence d’un réseau routier assurant la mobilité et les transits internationaux. Pour cette raison, les structures politiques et religieuses locales furent modelées en premier lieu par les intérêts politiques et économiques extérieurs. La communication analyse les acteurs et les dynamiques de la circulation des modèles institutionnels (ecclésiastiques et laïques) et socio-économiques agissant à l’intérieur de ce territoire préalpin.
Co-auteur :
Mme Mira MONTANARI, CRISM (Centro di Ricerca sulle Istituzioni e le Società Medievali)


M. Roberto LEGGERO, assistant de recherche au Laboratoire d'histoire des Alpes, Mendrisio, Suisse