142e congrès, Pau, 2017
Circulations montagnardes, circulations européennes

II. La montagne entre centre et périphérie

Sous-thème : II.2. Éloignement des pouvoirs et négociations de l’autonomie

Titre : « Jeunesse et Montagne »

Le 27/04/2017 - 14:00

C'est le nom d'une partie de « l'organisation militaire qui se substitua à l'armée de conscription interdite par la convention d'Armistice » (André Souyris-Rolland, 2009, p. 251), à l'issue de la débâcle entraînant sur les routes réfugiés civils et soldats qui fuyaient en désordre l'avancée allemande. Les classes 39/III et 40/I étaient alors sous les drapeaux ; l'État-major de l'armée, pour les camoufler (mais d'abord pour maintenir les corps constitués), les baptise « Jeunes de France » et les confie à des officiers et sous-officiers convertis en cadres civil appelés « chefs », sous tutelle du ministère de la Famille et de la Jeunesse - devenu plus tard en 1941 « de l'Éducation nationale ». Le général Calson en confie le commandement des ressortissants de l'infanterie, de la marine et de l'aviation au général De La Porte du Theil. Ceux de l'aviation vont constituer « Jeunesse et Montagne » sous les ordres de trois officiers chasseurs alpins et d'un officier d'aviation. Les incorporés d'Afrique du Nord serviront sous les ordres du colonel Van Haeckeen. À l'origine de l'organisation, il s'agit de regrouper, d'encadrer, d'éviter la subversion et de préparer une armée future. Quatre cent mille jeunes seront ainsi entraînés au sport et à la discipline dans les camps situés en campagne entre 1940 et 1944. Le fondateur de Jeunesse et Montagne, le capitaine Jacques Faure, devrait permette aux aviateurs en août 1940 de mener en montagne une vie calquée sur celle des éclaireurs skieurs, dans une structure de cinq groupements : trois dans les Alpes et deux dans les Pyrénées, de 1940 à 1942. En 1943, pour éviter des départs vers l'Angleterre ou l'AFN (Afrique française du Nord), ils sont regroupés dans le centre de la France et le général De La Porte du Theil, s'opposant au transfert des jeunes vers le STO (Service de travail obligatoire) au profit de l'occupant, est arrêté par la Gestapo et emprisonné en Allemagne jusqu'en mai 1945 où il est traduit devant la Haute Cour. Deux ans plus tard il sera relevé de son indignité nationale.


M. Pierre CARRÉ, cadre de direction

Membre des sociétés savantes :
Société d'histoire et d'archéologie du Pays d'Auray, Membre
Société polymathique du Morbihan, Membre correspondant