137e congrès, Tours, 2012
Composition(s) urbaine(s)
I. Les moments

I. A. Dans l'Antiquité

I. B. Au Moyen Âge

I. C. Penser la composition urbaine depuis le XVIIIe siècle

I.D. Composition urbaine et ordre public du XVIe au XIXe siècle
La composition est rarement une création continue. Selon les espaces et le temps, on identifie des périodes pendant lesquelles « la fabrique urbaine » s’intensifie, s’enrichit et se diversifie. Ces temps forts marquent durablement les tissus urbains qui exposent et associent ces moments créateurs et innovateurs.
Ces moments vifs s’articulent à des événements politiques, techniques, économiques mais aussi naturels (séismes par exemple). Constructions, reconstructions métamorphosent alors les espaces urbains. Leur succèdent des phases de régime « normal » où les sociétés urbaines assimilent, habitent, s’approprient les innovations antérieures.

Des fondations antiques aux créations contemporaines les villes s’inscrivent du Proche-Orient à l’Europe occidentale sur plusieurs millénaires, ce qui est aussi le cas dans le monde indien et dans le monde chinois. L’art de bâtir les villes s’est constitué de strates successives et d’apports croisant savoir-faire et techniques, arts et doctrines jusqu’à constituer un corpus d’ « urbanisme » aux multiples facettes dans lequel ont puisé tant les architectes-urbanistes que les édiles.
Si l’on s’en tient au monde occidental, la mise en place d’une maille urbaine s’échelonne du point de vue doctrinal sur le temps long. La ville antique hellénique et hellénistique (hippodamienne) constitue un point de référence fondamental du classicisme, conforté et enrichi par Rome avec une diffusion des savoirs (Vitruve) et des pratiques au fil de l’expansion impériale. Les périodes médiévales comportent aussi bien des évolutions des villes préexistantes, entre rétractions et extensions, au fil d’événements et de variations économiques, que des créations de villes neuves adaptées pragmatiquement aux contextes locaux selon des modèles souvent d’une grande clarté de composition. Des bastides méridionales françaises aux villes neuves de la Reconquête de la péninsule Ibérique ou à celles accompagnant l’expansion germanique en Poméranie, les réalisations sont fort nombreuses où le souci de la composition est très présent.
La redécouverte de la composition urbaine classique par les architectes italiens de la Renaissance fut une source féconde de résurgence et de diffusion, en Europe et dans les terres coloniales de trois continents, d’un néo-classicisme urbain touchant tant les réseaux viaires que les équilibres bâti – non bâti, la place des monuments et bâtiments publics dans la cité, ou bien sûr, les architectures. La composition palladienne, référence fondamentale du xvie au xxe siècle, intégrait cependant des principes de mise en valeur des espaces et d’affirmation de la puissance publique par une mise en scène savante qui allait au-delà des réalisations antiques.
Sans doute la pérennité de l’ « art classique » de bâtir les villes et les processus concrets de diffusion du classicisme présentent-ils des variations entre les continents, à l’intérieur de ceux-ci, entre les États et entre les « régions ». De cette diversité où se croisent les échelles et les temporalités peuvent se dégager bien des analyses comparatives. Les moments forts (créations de nouvelles villes militaires et politiques, reconstructions à la suite de séismes, d’incendies et autres ravages) rythment l’histoire de la composition urbaine tandis qu’un corpus réglementaire apparaît à l’échelle locale voire nationale.
L’insertion de nouvelles techniques de construction, l’intégration des modes de transport mécanisés et de l’usine dans la ville produisent au xixe siècle des ruptures en regard d’une réflexion insuffisamment évolutive sur le devenir global de la cité. Si les utopies urbaines restent davantage théoriques que suivies de réalisations concrètes, l’irruption de nouveaux enjeux dans la ville, liés aux modes de transport, à la distribution de l’énergie, etc., se concrétise, via une représentation organiciste de la cité, par des pratiques d’un « urbanisme de réseau », régulateur et circulatoire, où l’ingénieur devance l’architecte et apparaît comme un acteur essentiel du façonnement urbain. De l’hygiénisme au rationalisme, la composition urbaine met désormais au premier plan le fonctionnement urbain, voire le « bonheur des habitants » plus que l’esthétique.
À travers les réalisations d’architectes précurseurs « prémodernistes », la mise en œuvre des nouveaux matériaux précéda l’émergence de nouvelles doctrines dont les temps forts et les lieux représentent des foyers fondamentaux au début du xxe siècle, des deux côtés de l’Atlantique. Les déplacements des centres de gravité du modernisme de l’Europe des années 1920 à l’Amérique du Nord, les allers-retours des théoriciens et des praticiens entre Ancien et Nouveau Monde(s) avant et surtout après la Seconde Guerre mondiale témoignent d’une « mondialisation » chez les concepteurs et les praticiens de l’urbanisme moderne qui a perduré jusqu’à nos jours. Un fil conducteur lie le naturalisme de la cité-jardin du début du xxe siècle au rationalisme moderniste de la « ville nouvelle » du troisième quart de celui-ci. Changeant d’échelle, à la faveur du constructivisme de cette période, quelques architectes-urbanistes parviennent à concevoir des projets d’échelle métropolitaine pour de nouvelles capitales, tandis que la majorité, loin de ces projets-phares, se contentent d’élaborer de nouveaux quartiers englobant le zonage de l’habitat, de l’économie, des loisirs, de la circulation.
Battu en brèche cependant par les tenants d’un néo-classicisme et sans doute victime d’un relativisme culturel qui conduit à une acceptation éclectique de tout le cortège de compositions urbaines du passé, le modernisme a cédé le pas à un post-modernisme aux formules aussi diversifiées que synthétiques où la prouesse technicienne domine souvent sur la recherche de grands équilibres entre une vision esthétique et une vision techniciste où la fonctionnalité prédomine.
Ainsi, par delà les périodisations générales, la composition urbaine s’inscrit par ses doctrines, ses courants et ses concrétisations aussi bien dans le temps long que dans le temps court, avec des tendances de fond, des émergences, des survivances et des résurgences de formes ; elle est également le reflet d’événements où des décisions urbaines majeures succèdent à des faits dramatiques -sinistres naturels et désastres de la guerre- ou à des faits positifs -célébrations, expositions universelles...- qui se manifestent dans des œuvres magistrales.
Séances

- Séance du 24/04/2012 - 09:00
  Président : M. Bruno DELMAS, Professeur à l’École nationale des chartes


La ville de Tell-el-Amarna (« Akhetaton ») : une cité pharaonique au Nouvel Empire. De la construction au brutal abandon. Mme Catherine CHADEFAUD
Questions de quartiers spécialisés et de compositions urbaines dans les villes grecques.
L'espace du sacré dans la composition et l'évolution de la ville grecque. Mme Colette JOURDAIN-ANNEQUIN
Les premiers temps d’Arsinoeia – Éphèse : étude d’une composition urbaine royale (Ionie, début du IIIe siècle av. J.-C.). Mme Gabrièle LARGUINAT-TURBATTE
La place des nécropoles dans la composition urbaine des cités étrusques. Mme Catherine COUSIN
Vitruve, architecte et urbaniste. Mme Germaine AUJAC

- Séance du 24/04/2012 - 14:00
  Présidents :
Mme Germaine AUJAC, Professeur émérite

M. Michel LAURENCIN, Agrégé d'histoire et docteur en histoire


Les trois colonies romaines du Rhin : Augst, Cologne et Xanten. Mme Chantal VOGLER
Le moment (début du IIe siècle après J.C.) et la manière de construire une ville ex nihilo dans le nord-ouest de l'Hispanie, périphérie de l'Empire et « frontière atlantique ». M. Lino Augusto TAVARES DIAS
La ville de Cirta-Constantine (Algérie) dans l'Antiquité. Mme Doris BAGES
Évolution urbaine de Meaux des origines à 1600. M. Jean-Pierre LAPORTE

- Séance du 24/04/2012 - 14:00
  Présidents :
M. Patrick DEMOUY, Professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université de Reims, professeur associé à l'Institut catholique de Paris

M. Denis MENJOT, Professeur d'histoire médiévale à l'université Lyon II


Nommer la ville : l'exemple de la Sicile (Xe-XVIIIe siècles). M. Henri BRESC
Les métamorphoses d'un habitat médiéval à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). M. Julien AVINAIN
L’aménagement d’un site de méandre : Meaux au Moyen Âge. Mme Judith FÖRSTEL
La cité médiévale d’Hyères façonnée par les seigneurs de Fos. M. Hubert FRANÇOIS
Les réseaux urbains de la baie de Bourgneuf (XIe-XVIe siècles). M. Claude BOUHIER

- Séance du 25/04/2012 - 09:00
  Présidents :
M. Patrick CORBET, Professeur d'histoire médiévale à l'université Nancy II

M. Christian GUILLERÉ, Professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université de Savoie


À l'origine du territoire de l'agglomération d'Angers : la quinte (XIIIe-XVIe siècles). M. François COMTE
Construire une capitale : l’œuvre des ducs de Bourbonnais à Moulins entre 1370 et 1461. Mme Dominique LAURENT
Villes normandes et pouvoir royal après 1450. M. Bruno SINTIC
Contribution à l'étude du renouveau urbain à la fin du XVe siècle. L'exemple de Paris après les trêves de Tours. Mme Yvonne-Hélène LE MARESQUIER
D'un modèle rural médiéval de colonisation à une composition urbaine « Renaissance ». Le cas de la ville de Mediasch en Transylvanie, Roumanie. M. Michel TANASE
Des structures héritées aux découpages fonctionnels : l’espace urbain augsbourgeois vu par la municipalité à la fin du Moyen Âge. M. Dominique ADRIAN

- Séance du 25/04/2012 - 09:00
  Présidents :
M. Bernard GAINOT, Maître de conférences à l'Institut d’histoire de la Révolution française, université Paris I

M. Jean-Luc CHAPPEY, Maître de conférences habilité à diriger les recherches en histoire moderne à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne, EA 127, Institut d’histoire de la Révolution française


Les inhumations à Paris au XVIIIe siècle : problèmes de sécurité, problèmes de salubrité. Mme Ségolène DE DAINVILLE-BARBICHE
Le transfert des cimetières des petites villes de l'Anjou et du Maine. M. René PLESSIX
L'implantation de l'hôpital des Incurables dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Mme Fanny MION MOUTON
« Pour la commodité publique » : les ordres religieux, acteurs de la composition de la ville moderne. Le cas de Lyon (XVIIe – XVIIIe siècle). Mme Marie-Laure VILLE
La vente des biens nationaux comme forme d’un urbanisme révolutionnaire. M. Bernard BODINIER
Les transformations des places publiques à l'époque moderne. L'exemple de Lyon (XVIe-XVIIIe siècles). Mme Françoise BAYARD

- Séance du 26/04/2012 - 09:00
  Présidents :
M. Jean-Louis TISSIER, Professeur de géographie humaine à l'université Paris I - Panthéon Sorbonne

Mme Florence BOURILLON, Professeur d’histoire contemporaine à l'UPEC (université Paris-Est - Cultures et sociétés), co-responsable du CRHEC (Centre de recherche en histoire européenne comparée), secrétaire de rédaction de la revue Histoire urbaine


Versoix, échec d’une ville nouvelle au XVIIIe siècle. Mme Cécile SOUCHON
Libertés citoyennes, ville globale et fédéralisme : compositions urbaines dans la Nouvelle géographie universelle d’Élisée Reclus (1876-1894) . M. Federico FERRETTI
Les dimensions fonctionnelles et symboliques de la composition urbaine au XIXe siècle. M. Paul CLAVAL
Édifier et bâtir : contribution à  une histoire politique des centres urbains en Europe et aux États-Unis à l'époque contemporaine. M. Jean EL GAMMAL
Aux sources de la planification urbaine française : l’épisode des plans d’Aménagement, d’Extension et d’Embellissement (PAEE) et l’exemple de la ville de Pau. M. Jean-Yves PUYO
L’architecture et l’urbanisme à Tours, XIXe-XXIe siècles : premières synthèses. M. Jean-Baptiste MINNAERT

- Séance du 26/04/2012 - 14:00
  Présidents :
M. Bernard BARBICHE, Professeur honoraire à l’École nationale des chartes

Mme Nadine VIVIER, Professeur d'histoire contemporaine à l'université du Maine, membre du CRHEC (Centre de recherche en histoire europénne comparée)


La construction du nouveau pont de Tours au XVIIIe siècle. M. Stéphane BLOND
La leçon haussmannienne. Mme Florence BOURILLON / M. Laurent COUDROY DE LILLE
Le quartier du Marais à Paris et la création des secteurs sauvegardés : un nouveau regard sur le paysage urbain (1955-1970). M. Jean-Charles CAPPRONNIER / Mme Rose-Anne CAPPRONNIER
Composition urbaine et mouvement moderne. Firminy-Vert : conception et fonctionnement d’un quartier sans rues. M. Benoît ROMEYER
La « composition urbaine », paradigme perdu d’une lecture hâtive du classique de Kevin Lynch : The image of the city (1960). M. Daniel PINSON
L’espace des universités dans la composition et recomposition des villes. M. Jean-Pierre HUSSON

- Séance du 26/04/2012 - 09:00
  Présidents :
M. Vincent DENIS, Maître de conférences en histoire moderne à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, membre de l'EA 127, Centre de recherches en Histoire moderne

M. Emmanuel FUREIX, Maître de conférences en histoire européenne à l’université Paris-Est – Créteil, membre du CRHEC (Centre de recherche en histoire européenne comparée), membre de l’Institut universitaire de France et secrétaire de rédaction de la Revue d’histoire du XIXe siècle


Paysage urbain et ordre public au temps des guerres de Religion. M. Jérémie FOA
L'ordre urbain de la Renaissance italienne à l'épreuve de la fête. Mme Florence ALAZARD
Police des signes, composition urbaine et ordre public en temps de crise (France, 1814-1816). M. Emmanuel FUREIX
Constitution de lieu et mise en ordre : le boulevard du Temple, un espace policé, 1750-1788. Mme Camille SALLÉ
Tout Paris est aux Champs-Élysées : divertissements et maintien de l'ordre dans un espace public (1700-1828). Mme Véronique LAPORTE
Assainir la prostitution pour régénérer l'espace parisien : expérience(s) révolutionnaire(s) vers un traitement sanitaire des « filles publiques » (1793-1799). Mme Clyde PLUMAUZILLE

- Séance du 26/04/2012 - 13:30
  Présidents :
M. Jean-Luc CHAPPEY, Maître de conférences habilité à diriger les recherches en histoire moderne à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne, EA 127, Institut d’histoire de la Révolution française

Mme Clyde PLUMAUZILLE, Doctorante et ATER en histoire moderne à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, EA 127, Institut d’histoire de la Révolution française


L’invention d’un territoire de la vieillesse à Paris au XIXe siècle. Construction et expérimentation d’une politique spatiale différenciée de l’Assistance parisienne.. Mme Mathilde ROSSIGNEUX-MÉHEUST
Ordonner l’espace parisien au XVIIIe siècle : la mobilisation des savoirs du temps par la Lieutenance générale de police. M. Nicolas VIDONI
L’illumination publique, un instrument de l’ordre public ?. Mme Sophie RECULIN
Les enjeux de la reconversion des couvents nationalisés sous la Révolution française. Mme Tatiana BAILLEUL
Les projets de ségrégation spatiale à la Martinique de 1802 à 1809 les débuts de l’« apartheid » ?. M. Lionel TRANI
Le Bureau de l’agrandissement de Marseille : une institution originale au service de l’aménagement urbain (1669-1698). M. Julien PUGET

- Séance du 27/04/2012 - 09:00
  Présidents :
M. Claude PETITFRÈRE, Professeur émérite d'histoire de l’université de Tours François-Rabelais

Mme Lydiane GUEIT-MONTCHAL, Directrice des Archives départementales d'Indre-et-Loire


L’entrée nord de la ville de Tours : un enjeu majeur d’urbanisme depuis le XVIIIe siècle. M. Jean-Luc PORHEL
Aménager et réglementer : planification et lotissements à Orléans des années 1920 aux années 1960. M. Yann LAUNAY
Sources et contextes de la reconstruction des villes en France : la reconstruction du Havre par Félix Brunau et Auguste Perret (1945-1951). Mme Sylvie LE CLECH-CHARTON
Oran : mécanismes de la fabrique de la ville et structure urbaine. Mme Fatima TAHRAOUI
Le démantèlement des fortifications, une opportunité pour l’aménagement des villes. M. Angelo BERTONI

- Séance du 27/04/2012 - 09:00
  Présidents :
M. Bernard GAINOT, Maître de conférences à l'Institut d’histoire de la Révolution française, université Paris I

M. Patrice BRET, Directeur de recherche au département d'histoire de l'armement (Centre des hautes études de l'armement, Délégation générale pour l'armement, ministère de la Défense), associé au Centre Alexandre Koyré - CRHST


Des eaux stagnantes des puits aux eaux courantes des fontaines : la naissance du réseau d’adduction d’eau potable à Amiens au milieu du XVIIIe siècle. M. Christophe CLOQUIER
L’armée dans la ville : un acteur oublié de la composition urbaine. M. Nicolas MEYNEN
Le combat contre l’insalubrité, acteur de transformation de la ville ; l’exemple du port de La Rochelle. M. Pascal EVEN
La définition réglementaire de l'ordre public durant le dernier siècle de l'Ancien Régime : le cas de Toulouse. M. Jean-Luc LAFFONT
Meknès, capitale du royaume et capitale d'empire au Maghreb occidental au XVIIIe siècle. M. Ahmed FAROUK