Entre latin, français et langue d’oc : le notaire et son client (Provence, XVe-XVIe siècles)
- 2015
Gabriel AUDISIO

Extrait de : "Contacts, conflits et créations linguistiques (édition électronique)"
Sous la direction de Guylaine BRUN-TRIGAUD
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014

Ana Isabel BLASCO TORRES, Christel FREU, Michel CHRISTOL, Michel BANNIARD, Jean-Loup LEMAITRE, Marie Rose BONNET, Gabriel AUDISIO, Bernard THOMAS, Régis BERTRAND, Hervé TERRAL, Marie-Jeanne VERNY, Marie-Noële DENIS, Houssine SOUSSI, Claire TORREILLES, Jean-Roger WATTEZ, Serge LUSIGNAN, Camille DESENCLOS, Annie LAGARDE FOUQUET, Annette NOGARÈDE, Regina POZZI, Isabelle-Rachel CASTA, Pascal SEMONSUT, Michel A. RATEAU
2015
p. 74-84
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Les actes notariés présentent, entre autres, une difficulté liée à la communication entre le notaire et son client. Les notaires provençaux pratiquaient trois langues pour la rédaction de leurs actes : le latin, langue la plus utilisée au Moyen Âge, le provençal, le français, obligatoire à partir de l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539. Quant à leurs clients, tout en étant frottés de latin à l’église et de français par l’administration, ils s’exprimaient d’oc.
La traduction s’imposait donc dans les deux sens : du client parlant d’oc au tabellion qui en assurait la mise en forme, latine et plus tard française mais aussi de l’acte établi dont la lecture était obligatoire au client, qui n’y entendait goutte, ignorant à la fois ces langues officielles et le langage juridique. La confiance s’avérait ici indispensable.
La consultation de quelque 2 000 registres, soit environ 500 000 actes, témoignant d’une pratique notariale très courante alors dans le Midi, révèle, que ce passage de l’oral à l’écrit pouvait entraîner quelques problèmes, notamment pour l’identification des personnes et des lieux, d’où hésitation, doute et parfois erreur du notaire et donc du chercheur.