Langues du roi et langues des sujets en France et en Angleterre : identité et communication
2015
Serge LUSIGNAN

Extrait de : "Contacts, conflits et créations linguistiques (édition électronique)"
Sous la direction de Guylaine BRUN-TRIGAUD
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014

Ana Isabel BLASCO TORRES, Christel FREU, Michel CHRISTOL, Michel BANNIARD, Jean-Loup LEMAITRE, Marie Rose BONNET, Gabriel AUDISIO, Bernard THOMAS, Régis BERTRAND, Hervé TERRAL, Marie-Jeanne VERNY, Marie-Noële DENIS, Houssine SOUSSI, Claire TORREILLES, Jean-Roger WATTEZ, Serge LUSIGNAN, Camille DESENCLOS, Annie LAGARDE FOUQUET, Annette NOGARÈDE, Regina POZZI, Isabelle-Rachel CASTA, Pascal SEMONSUT, Michel A. RATEAU
2015
p. 173-190
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Le présent article examine les enjeux du choix de la langue de communication du pouvoir royal en France et en Angleterre du XIIIe au XVe siècle. Les populations des deux royaumes parlaient une variété d’idiomes romans, germaniques et celtes. Malgré le développement d’institutions de nature étatique, on était loin de l’État Nation fondé sur le partage d’une langue commune.
Les différentes langues utilisées en France et en Angleterre se distinguaient par la valeur symbolique qu’on leur attribuait. Le latin dominait toutes les autres par son prestige à titre de langue du sacré et du droit. À l’opposé, les langues vernaculaires restaient déconsidérées par les lettrés. Il reste qu’au cours de la période, chacune a pu accéder de façon plus ou moins achevée au registre de l’écrit. Le français devint même une langue usuelle du pouvoir royal français et anglais. Le présent article tente d’expliquer comment se sont conciliées les valeurs symboliques de la langue et les exigences de communication avec des populations multilingues durant la période où le latin et le français furent les langues exclusives des rois de France et d’Angleterre.