Tocqueville et le problème de la « langue démocratique » Le cas de l’anglais américain
2015
Regina POZZI

Extrait de : "Contacts, conflits et créations linguistiques (édition électronique)"
Sous la direction de Guylaine BRUN-TRIGAUD
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014

Ana Isabel BLASCO TORRES, Christel FREU, Michel CHRISTOL, Michel BANNIARD, Jean-Loup LEMAITRE, Marie Rose BONNET, Gabriel AUDISIO, Bernard THOMAS, Régis BERTRAND, Hervé TERRAL, Marie-Jeanne VERNY, Marie-Noële DENIS, Houssine SOUSSI, Claire TORREILLES, Jean-Roger WATTEZ, Serge LUSIGNAN, Camille DESENCLOS, Annie LAGARDE FOUQUET, Annette NOGARÈDE, Regina POZZI, Isabelle-Rachel CASTA, Pascal SEMONSUT, Michel A. RATEAU
2015
p. 226-234
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
  Article en pdf à télécharger gratuitement
La communication analyse un chapitre de la Démocratie en Amérique où Tocqueville décrit « comment la démocratie américaine a modifié la langue anglaise », posant par là un problème linguistique capital, car les contacts et les conflits ne concernent pas, dans ce cas, deux langues différentes, mais les contextes sociaux opposés où la même langue a évolué et les effets qui en dérivent. En résumant les plus importants : l'anglais américain non seulement produit beaucoup de nouveaux mots (souvent tirés du jargon des partis, des arts mécaniques, des affaires), mais donne un sens nouveau aux mots anciens ; ce que la langue acquiert en richesse lexicale, elle le perd en précision, car le sens des mots se trouve constamment « dans une situation ambulatoire » ; les règles gouvernant l'emploi des différents styles linguistiques disparaissent, car « non seulement tout le monde emploie les mêmes mots, mais on s'habitue à employer indifféremment chacun d'eux ». On montre aussi comment, à partir de l’observation empirique de la langue américaine et par un procédé hypothético-déductif, Tocqueville dessine les traits généraux de la langue démocratique, c’est-à-dire des modifications que les langues subissent dans les sociétés démocratiques.