Communiquer sur la citoyenneté et la latinité par le spectacle dans l’amphithéâtre de Nîmes (1900-1937)
2015
Sabine TEULON LARDIC

Extrait de : "Le Rituel des cérémonies (édition électronique)"
Sous la direction de Jean DUMA
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014

Nicole BOELS-JANSSEN, Françoise BAYARD, Sandrine KRIKORIAN, Fernando SUAREZ GOLAN, Éric TEYSSIER, Chrystel LUPANT, Philippe CHAREYRE, Jean-Pierre BAT et Émeline SEIGNOBOS, Sabine TEULON LARDIC, Sonia ZERBIB, Blandine SILVESTRE
2015
p. 106-121
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
  Article en pdf à télécharger gratuitement
Proche du militantisme de R. Rolland, un cycle festivalier s’instaure dans l’amphithéâtre nîmois à compter de 1900. Initié par l’entrepreneur des arènes, puis acté par divers modes collectifs d’administration, ce cycle théâtral joue la carte de la décentralisation et de la démocratisation dans la compétition à laquelle se livrent les théâtres français de plein air du Midi.
À la faveur de représentations ambitieuses (drame antique, opéra et création recensés) et d’une fréquentation populaire due aux dispositifs de l’administration municipale, ce cycle devient un outil de communication territoriale au cœur des enjeux du spectacle de masse. En favorisant les échanges culturels et économiques entre Nîmes et Paris (Comédie-Française, Opéra de Paris), Nîmes et les grandes villes (orchestres de Marseille, de Lyon), il participe des processus de représentation et de structuration des idéologies marquantes durant l’entre-deux-guerres. En particulier, l’enceinte antique réanime le projet citoyen et patriotique du Théâtre pour le peuple (1903), tant par ses thématiques de programmation (cycles de théâtre grec antique de 1911 à 1914, Fêtes de la Victoire en 1919) que par les contributions musicales des chorales et musiques de régiment locales en musique de scène. Les organisateurs n’oublient pas de négocier la place des pratiques culturelles locales (corrida interpolée, centenaire de Mistral pour Mireille, etc.) pour connecter le cycle à son territoire. Cette communication surgit tant du discours des acteurs (organisateur, édile, artiste) que de celui de la réception, qui active l’identité latine sous les auspices du Félibrige. Le dépouillement des archives de Nîmes et du Gard nourrit cette investigation, inexplorée jusqu’à nos récentes publications.