De l’apologie à l’apothéose médicéenne : le « Salon des Cinq Cents » et « San Lorenzo » (1564-1587)
2015
Sonia ZERBIB

Extrait de : "Le Rituel des cérémonies (édition électronique)"
Sous la direction de Jean DUMA
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014

Nicole BOELS-JANSSEN, Françoise BAYARD, Sandrine KRIKORIAN, Fernando SUAREZ GOLAN, Éric TEYSSIER, Chrystel LUPANT, Philippe CHAREYRE, Jean-Pierre BAT et Émeline SEIGNOBOS, Sabine TEULON LARDIC, Sonia ZERBIB, Blandine SILVESTRE
2015
p. 122-132
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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L’ambition dynastique et le règne de la fête, transmis par Laurent le Magnifique, forgent progressivement la dynastie médicéenne. La fête de la Renaissance était ainsi conçue pour honorer différents événements, jalons de la vie florentine.
Je me propose d’analyser ici la politique festive mise en œuvre pour les noces de 1565, le baptême d’Éléonore de Médicis en 1567, les funérailles de Michel-Ange, de Cosme Ier et de Francesco Ier, en donnant du sens à des lieux bien particuliers et à leur métamorphose : le « Salon des Cinq Cents » et la basilique « San Lorenzo ». Investis par le politique, ils deviennent des lieux de fête. Leur appropriation par les Médicis permet à l’autorité ducale puis grand-ducale de lutter contre le « caractère imparfait » de son régime autoritaire. Ces deux exemples attestent d’une théâtralisation de l’événement par une théâtralisation de l’espace. C’est bien parce qu’ils incarnent un « espace vrai transfiguré », pour reprendre une expression propre à André Chastel, que l’autorité médicéenne peut s’affirmer. En ce sens, l’apparat du centre politique de la cité et celui du lieu officiel des funérailles dynastiques résonnent comme un discours politique clair.
Je me suis appuyée pour donner du sens à ces lieux médicéens et à leur transformation par la fête, sur un corpus diversifié de sources imprimées mêlant chroniques et oraisons funèbres. Les chroniques de D. Mellini, de G.B. Cini, d’A. Ceccherelli, de G. Vasari, de G. Piccini ou encore de Giovan Battista Strozzi et les oraisons de P. Vettori, de G.B. Adriani ou encore celles de Pietro Angeli da Barga et de Lorenzo Giacomini sont au centre de mon travail.