La diffusion de l’alphabet chez les Étrusques : une fonction qui va au-delà de la notation de la langue
2015
Dominique BRIQUEL

Extrait de : "Écriture et communication (édition électronique)"
Sous la direction de Dominique BRIQUEL et Françoise BRIQUEL CHATONNET
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques
Jacques MONTREDON, Jean LAFITTE, Olga POPOVA, Dominique BRIQUEL, Coline RUIZ DARASSE, Françoise BRIQUEL CHATONNET, Chérif SINI, Carole ROCHE-HAWLEY, Roland ÉTIENNE, Virginie VIGNON, Nicole PRADALIER
Paris, Éditions du CTHS
2015
p. 46-57
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Les Étrusques utilisaient une écriture de type alphabétique, qu’ils avaient créée sur le modèle de l’écriture des colons grecs de Chalcis, établis en Campanie, avec qui ils étaient en contact dès le VIIIe siècle av. J.-C. Comme dans tout processus de transmission d’un alphabet de la notation d’une langue à une autre se sont posés des problèmes d’adaptation, le principe de l’adéquation du système à la phonologie de la langue qu’on voulait transcrire se heurtant au poids persistant du modèle, se traduisant par la présence de « lettres mortes », inutiles à la notation de l’étrusque, et inversement l’absence de notation satisfaisante de phonèmes n’existant pas en grec ([f], sifflante marquée [?]). En outre l’aristocratie qui dominait la société étrusque d’alors a utilisé l’écriture comme signe de prestige social, ses membres se posant comme des lettrés, capables de maîtriser ce nouvel outil de communication et le faisant servir à leurs échanges de dons et de contre-dons.