Madame Dacier : de la traduction d’Homère à la défense d’Homère
2015
Éliane ITTI

Extrait de : "La traduction, sa nécessité, ses ambiguïtés et ses pièges (édition électronique)"
Michèle COLTELLONI-TRANNOY
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014

Darya PEVEAR, María-José ESTARÁN-TOLOSA Irina FALKOVSKAYA, Moreno CAMPETELLA, Éliane ITTI, Andrea BRUSCHI, Jan VANDERSMISSEN, Pierre FABRE
Paris, Éditions du CTHS
2015
p. 48-56
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
  Article en pdf à télécharger gratuitement
Par sa traduction de l’Iliade (1711), Madame Dacier veut non seulement faire parler Homère en notre langue, mais révéler la beauté de sa poésie pour détruire les préjugés dont il est victime. Elle poursuit ainsi la voie ouverte dès ses Poésies d’Anacréon et de Sapho : la recherche de l’exactitude, en réaction contre les « belles infidèles ». Bien qu’originale, cette nouvelle esthétique de la traduction est ambiguë, car la traductrice doit aussi faire d’inévitables concessions aux bienséances. Mais quand Antoine Houdar de La Motte se sert de la version de Madame Dacier pour écrire une nouvelle Iliade (1714), adaptée au goût contemporain, la savante helléniste prend la défense d’Homère dans Des Causes de la corruption du goût. Au-delà de la Querelle d’Homère, la question qui reste posée est celle de la tension entre le respect du texte source et la consonance de la traduction des Anciens avec les attentes du lecteur.