Les cartes dans la communication internationale sous le Consulat et l'Empire
2015
Monique PELLETIER

Extrait de : "Langages et communication, espaces, territoires, pouvoirs (édition électronique)"
Sous la direction de Cécile SOUCHON
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014
Alain COUTELLE, Marie-Pierre DAUSSE, Nicolas JACOB Suzanne DÉBARBAT et Émilie KAFTAN, Vincent MARCHAL Monique PELLETIER, Robert PORRET
Paris, Éditions du CTHS
2015
p. 77-99
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Les cartes sont faciles d’accès et généralement compréhensibles par celui qui ne pratique pas la langue du pays concerné. En France, les exigences du Premier consul et de l’Empereur donnent aux ingénieurs du Dépôt de la Guerre des missions difficiles, matérialisées par la carte d’Europe, dite carte de l’Empereur, qui comprend en 1809, 420 feuilles au 1/100 000, soumises à de nombreuses manipulations. En 1810, Napoléon demande la production d’un second exemplaire pour prévenir les accidents survenus au cours de son utilisation. La campagne de Russie sonne le glas des collections que l’Empereur et son État-Major ont fait voyager.
Les armées, devenues très mobiles, demandent des cartes en nombre, à moyenne échelle que seule la gravure permet d’obtenir. Louis Guislain Bacler d’Albe (1761-1824), inquiet pour l’avenir de ces documents maltraités par les armées napoléoniennes, a pu écrire : « Ce diable de service de campagne est le destructeur des cartes. Il en faut dans le sac de l’aide de camp, il en faut sur la poitrine de l’écuyer de service, qu’on ploie, qu’on déploie, qu’on déchire, qu’on met à la pluie, au vent, au feu, à la chandelle, etc. » En outre, les cartes de France, que la Révolution a perçues comme parties du trésor national, indispensables à la défense du territoire, sont désormais mises sous surveillance alors que les militaires, dans leurs conquêtes, s’efforcent d’obtenir les cuivres des pays envahis quel que soit leur possesseur.
C’est au moment de Marengo (15 juin 1800) que se marque la transition vers une politique de légitimation par la gloire et qu’est célébré l’héroïsme militaire par les cartes et les vues de bataille auxquelles contribuent ingénieurs militaires et peintres sous l’œil critique de Napoléon.