Les signes « à valeur ajoutée » dans l’expression graphique schématique du Néolithique
2016
Philippe HAMEAU

Extrait de : "Signes et communication dans les civilisations de la parole (édition électronique)"
Sous la direction de Claude MORDANT, Olivier BUCHSENSCHUTZ, Christian JEUNESSE et Denis VIALOU
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques (Nîmes, 2014)

Olivier BUCHSENSCHUTZ, Christian JEUNESSE, Claude MORDANT et Denis VIALOU
Inès DOMINGO, Sally MAY, Claire SMITH, Patrick PAILLET, Elena MAN-ESTIER, Romain PIGEAUD, Florian BERROUET, Estelle BOUGARD, Primitiva BUENO RAMÍREZ, Rodrigo de BALBÍN BEHRMANN, Rosa BARROSO BERMEJO, Philippe HAMEAU, Maddalena CATALDI, Estelle GAUTHIER et Jean-François PININGRE, Hervé GRUT, Vincent GEORGES, Olivier BUCHSENSCHUTZ, Gilbert-Robert DELAHAYE


Paris, Éditions du CTHS
2016
p. 98-112
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Le corpus iconographique du Néolithique, peint ou gravé, est restreint à quelques catégories de figures : les êtres vivants (hommes, animaux et « idoles ») et les signes (motifs soléiformes et lignes brisées). Les uns et les autres peuvent être figurés dans des versions très réalistes, au sens d’immédiatement reconnaissables, ou très simplifiées au point de nous paraître absconses. La syntaxe de cette iconographie est perceptible au travers de règles précises d’apposition des figures (emplacement, taille et translation) et de leurs associations par juxtaposition ou contraction. Ces processus associatifs nous conduisent à penser que les motifs soléiformes et les lignes brisées indiquent le statut des êtres vivants : l’étape de leur passage et transformation sur et par le site sur lequel ils sont figurés. Il semble que cette même valeur ajoutée véhiculée par les mêmes signes soit reprise pour l’iconographie linéaire médiévale. Ceci explique en partie que les mêmes sites sont souvent marqués aux deux époques et infère un comportement syntaxique inhérent au schématisme.


The iconographical collection from the Neolithic, including paintings and engravings, has a small number of figures, mainly represented by living beings (people, animals and idols) and symbols (sun motifs and broken lines). These figures can be realistic and immediately recognisable, or can be simplified until appearing quite abstract. The iconographical syntax is perceived using precise rules of figure layout (position, size and translation) and their association by juxtaposition or contraction. These associations indicate that the sun motifs and the broken lines represent the status of the living beings : a stage of their passage and their transformation at and influenced by the site where they are figured. It seems that the same message was transmitted by the same symbols in medieval linear iconography. This explains in part why the same sites were marked during these two periods and infers actions based on syntax and inherent to established schemas. (traduction Rebecca Peake)