Clamor, couvre-chefs et batterie de cuisine : communication et cryptage des données chez les Celtes de l’âge du Fer
2016
Olivier BUCHSENSCHUTZ

Extrait de : "Signes et communication dans les civilisations de la parole (édition électronique)"
Sous la direction de Claude MORDANT, Olivier BUCHSENSCHUTZ, Christian JEUNESSE et Denis VIALOU
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques (Nîmes, 2014)

Olivier BUCHSENSCHUTZ, Christian JEUNESSE, Claude MORDANT et Denis VIALOU
Inès DOMINGO, Sally MAY, Claire SMITH, Patrick PAILLET, Elena MAN-ESTIER, Romain PIGEAUD, Florian BERROUET, Estelle BOUGARD, Primitiva BUENO RAMÍREZ, Rodrigo de BALBÍN BEHRMANN, Rosa BARROSO BERMEJO, Philippe HAMEAU, Maddalena CATALDI, Estelle GAUTHIER et Jean-François PININGRE, Hervé GRUT, Vincent GEORGES, Olivier BUCHSENSCHUTZ, Gilbert-Robert DELAHAYE


Paris, Éditions du CTHS
2016
p. 171-180
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Examinée à travers la rhétorique césarienne, la communication chez les Gaulois semble tantôt efficace, tantôt délibérément restreinte. César insiste sur la communication par le son, et insiste sur les limites de l’utilisation des documents écrits. On en a un peu rapidement déduit que les Gaulois n’avaient pas atteint le stade de l’écriture. Mais les nouvelles données archéologiques révèlent son utilisation plusieurs siècles avant la conquête romaine. D’autres moyens de communication sont utilisés. Au premier âge du Fer, l’analyse des mises en scène funéraires révèle un jeu subtil entre la présence matérielle des composantes du banquet ou leur représentation sur des vases, entre le cadavre habillé et sa représentation en pierre. À partir du IVe siècle av. J.-C., le récit disparaît des images ; le banquet est représenté directement par la nourriture et les instruments de cuisine. Le décor des armes et des parures joue avec l’abstraction, la double lecture, et une symbolique réservée aux initiés.

According to Caesar, communication with Gallic society seems to have been par efficient, part deliberately limited. Caesar insists on communication by sound and insists on the limited use of written documents. We have perhaps assumed to quickly that the Gauls did not use the written word, but new archaeological data reveals its use during the centuries before the Roman invasion. There were also other communication methods. During the Early Iron Age, funerary scenes reveal the subtle game between the actual presence of the components of the banquet and their depiction on vases, between a dressed corpse and its representation in stone. From the 4th century BC the story telling disappears from the imagery as the banquet is directly represented by food and cooking implements. The décor on weapons and adornments becomes more abstract with a double meaning and a symbolic that is reserved only for the initiated. (traduction Rebecca Peake)