Les multiples réseaux formels et informels d’un apothicaire parisien : l’échevin Matthieu-François Geoffroy
2016
Olivier Lafont

Extrait de : "Réseaux politiques et économiques (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Émilie MARTINET, Éric LIMOUSIN, Lucile HERMAY & Jack ROSKILLY, Romain MARCHAND, Olivier LAFONT, Jean-Marie YANTE, Christophe CLOQUIER, Solange BAUDOUIN, Patrick BIRÉE, Ingrid HOUSSAYE MICHIENZI, Henri BRESC, Robert CHAMBOREDON, Marie HARDY, Bénédicte BRUN, Philippe JANSEN, Rosemonde LETRICOT, María Isabel QUINTANA MARÍN & Mary Luz MARÍN POSADA, Nathalie ALZAS, Jérôme LOUIS, Jean-Paul STREIFF, Lionel PICARD
2016
p. 54-63
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Matthieu-François Geoffroy (1644-1708), appartenait à un réseau formel, celui des apothicaires parisiens réunis au sein d’une communauté régie par des statuts, dont il fut garde en 1684, mais il appartenait également à de nombreux réseaux informels très influents. L’étude de son journal ainsi que de nombreux autres documents (éloge de son fils Étienne-François, article du Journal des Savants, archives de la ville, etc.) permet de constater leur multiplicité et leur importance dans le déroulement de sa carrière aux confins de l’administration et de la marchandise. Le réseau informel des anciens élèves des Jésuites du Collège de Clermont, où il fut le condisciple de Louvois, lui ouvrit les portes du réseau politico-administratif constitué autour de la famille Le Tellier. Les conférences scientifiques qu’il organisait dans son officine pour l’éducation de ses enfants montrent qu’il se trouvait au cœur d’un réseau scientifique comportant de nombreux membres (Cassini, Joblot, du Vernay, Homberg) de l’Académie des sciences, compagnie dont deux de ses fils firent ultérieurement partie. Il convient de ne pas négliger le réseau d’artistes (Sébastien Le Clerc, Nicolas de Plate-Montagne, Nicolas de Largillière) avec lequel ses fonctions lui permirent des contacts fructueux. Un réseau influent était constitué par les membres de sa clientèle aristocratique avec qui il entretenait une relation privilégiée.
Matthieu-François était en relation avec le réseau des échevins de Paris avant même son élection à ce poste prestigieux (1685), grâce à son grand-père Étienne Ier (1586-1673) qui l’avait précédé, en 1636, dans ces fonctions. Son fils Claude-Joseph occupa, lui aussi, cette position enviée. Il fit ensuite partie de la juridiction consulaire (1694), autre réseau institutionnel, dont son grand-père lui avait ouvert la voie. L’appartenance de Geoffroy à un aussi grand nombre de réseaux était exceptionnelle, même à l’époque, et explique en partie sa réussite sociale.