Les gribanniers de la Somme : monopole et embargo d’une communauté sur le transport fluvial durant les XVIIe et XVIIIe siècles
2016
Christophe Cloquier

Extrait de : "Réseaux politiques et économiques (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Émilie MARTINET, Éric LIMOUSIN, Lucile HERMAY & Jack ROSKILLY, Romain MARCHAND, Olivier LAFONT, Jean-Marie YANTE, Christophe CLOQUIER, Solange BAUDOUIN, Patrick BIRÉE, Ingrid HOUSSAYE MICHIENZI, Henri BRESC, Robert CHAMBOREDON, Marie HARDY, Bénédicte BRUN, Philippe JANSEN, Rosemonde LETRICOT, María Isabel QUINTANA MARÍN & Mary Luz MARÍN POSADA, Nathalie ALZAS, Jérôme LOUIS, Jean-Paul STREIFF, Lionel PICARD
2016
p. 82-96
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Favorisée dès la fin du XIIe siècle, la navigation fluviale sur la Somme fut réglementée en 1255. Entièrement assurée et contrôlée, entre le port maritime de Saint-Valery et la ville d’Amiens, par la corporation des gribanniers d’Abbeville, elle permettait le transport des matières premières, des produits alimentaires et artisanaux aussi bien dans le sens avalant que dans le sens montant.
Souvent préférée à la Seine, la Somme occasionna, lors d’étiages, de débordements ou d’embâcles, autant d’empêchements et d’entraves à la circulation des gribanes, lourdement chargées.
En dépit de leur monopole, les gribanniers furent interdits de navigation de nuit, à partir de 1746, afin de limiter la contrebande. Pratiquant des tarifs excessifs pour le transbordement et le transport des marchandises, durant la seconde moitié du XVIIe siècle puis le XVIIIe siècle, ils exerçaient d’importantes pressions sur les marchands en retenant leurs marchandises à bord ou en assurant de véritables embargos.