Un réseau privilégié : les confraternités de l’abbaye de Saint-Évroul aux XIIe – XIIIe siècles (à paraître)

 
Jean-Loup Lemaitre

Extrait de : "Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Isabelle BLAHA, Yann BOUYRAT, Marie-Madeleine de CEVINS, Julia CONESA SORIANO, Cécile DUCHER, Laure HENNEQUIN-LECOMTE, Stéphane LECOUTEUX, Jean-Loup LEMAITRE, Sylvain LETEUX, Bruno MAES, Philippe MOULIS, Yafes UYARCI
, Badreddine YOUSFI, Claire MALIGOT
Paris, Éditions du CTHS
p. 93
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Le livre du chapitre de l’abbaye de Saint-Évroul, au diocèse de Lisieux (BnF, lat. 10062), composé à la fin du XIIe siècle, est un manuscrit exceptionnel dans son genre. Alors que les mentions de confraternités sont en général inscrites à leur jour dans le nécrologe (parfois le martyrologe), elles ont été regroupées ici à la suite du martyrologe d’une manière très sommaire et sans jour de commémoration et concernent quatre-vingt-dix-sept monastères situés en France, en Angleterre mais aussi en Italie. S’y ajoute un certain nombre de confraternités accordées à des religieux à titre personnel (vingt-cinq). Ce qui est unique ici est la structure même du nécrologe. Chaque jour est en effet divisé en huit alinéas : [Saint-Évroul], Ivry, Rebais, Jumièges, Troarn, Crowland et Sant’Eufemia, laïcs. L’abbaye de Saint-Évroul avait été restaurée avec l’appui de Hugues de Grandmesnil, comte de Leicester († 1098), considéré alors comme son fondateur, avec des moines venus de Jumièges ; Ivry avait été fondée par son gendre ; Rebais avait longtemps abrité les reliques de saint Évroul et Sant’Eufemia avait été fondée par son frère Robert, qui avait dû fuir en Italie méridionale. On étudiera les rapports existants entre ces réseaux théoriques et la réalité pratique.