Les rédacteurs des topographies mariales des XVIIe et XIXe siècles : un réseau ? (à paraître)

 
Bruno Maes

Extrait de : "Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Isabelle BLAHA, Yann BOUYRAT, Marie-Madeleine de CEVINS, Julia CONESA SORIANO, Cécile DUCHER, Laure HENNEQUIN-LECOMTE, Stéphane LECOUTEUX, Jean-Loup LEMAITRE, Sylvain LETEUX, Bruno MAES, Philippe MOULIS, Yafes UYARCI
, Badreddine YOUSFI, Claire MALIGOT
Paris, Éditions du CTHS
p. 114
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Parmi les nombreuses topographies mariales rédigées aux XVIIe et XIXe siècles, trois ont retenu notre attention, par les réseaux qu’elles ont mis en œuvre. Ces topographies sont des dictionnaires qui présentent des sanctuaires à la Vierge, souvent accompagnés d’illustrations. La première est celle du dominicain Laudun, la deuxième celle des jésuites animée par l’allemand Wilhelm Gumppenberg, et la troisième, sous le Second empire, par le curé de Saint-Sulpice André Hamon.
Pendant ces deux périodes, le miracle est – selon le mot de Blaise Pascal – « l’argument de la foi ». Argument contre les protestants, contre les sceptiques, et contre les scientifiques des XVIIIe et XIXe siècles. Ces miracles ont souvent lieu dans les sanctuaires mariaux, qui se développent beaucoup pendant ces deux siècles. Le miracle n’est pas seulement une guérison pour une personne particulière, mais aussi une faveur pour un groupe car il est le vecteur du sentiment national chez certains catholiques, et fortifie l’État. Ces trois réseaux ont permis de recréer un espace et une mémoire catholique après les deux séismes de la Réforme protestante du xvie siècle, et de la Révolution française.