Réseaux confrériques et mobilité religieuse dans l’Ouest du Sahara algérien (à paraître)
Ruptures et continuités
Badreddine Yousfi

Extrait de : "Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Isabelle BLAHA, Yann BOUYRAT, Marie-Madeleine de CEVINS, Julia CONESA SORIANO, Cécile DUCHER, Laure HENNEQUIN-LECOMTE, Stéphane LECOUTEUX, Jean-Loup LEMAITRE, Sylvain LETEUX, Bruno MAES, Philippe MOULIS, Yafes UYARCI
, Badreddine YOUSFI, Claire MALIGOT
Paris, Éditions du CTHS
p. 147
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
Marquée par une forte mouvance confrérique, la région saharienne du Sud-ouest algérien se trouve au croisement des mobilités cultuelles. Les confréries religieuses ou les zaouïas dans cet espace ont su garder une partie de leur vocation auprès de la population locale et leurs adeptes et ce, malgré l’intégration de nouvelles références socioculturelles depuis l’indépendance de l’Algérie, à travers l’école. Relayées par de nouvelles instances qui représentent l’État moderne, les anciennes instances maraboutiques qui puisaient leur existence de leur pouvoir religieux, préservent des activités d’éducation et d’apprentissage religieux. Bien plus, une majorité des habitants des zones sahariennes ont conservé certaines mœurs et pratiques sociales, en rapport avec les zaouïas. La mobilité des étudiants religieux talabat témoigne de l’importance culturelle de cette mouvance dans le Sahara algérien où les échelles de mobilité diffèrent d’une zaouïa à une autre et ce, en fonction de son histoire, de sa doctrine tarika, de moyens financiers et du poids spirituel de son cheikh. Quant aux mobilités des habitants commémorant les saints de la région ziarat elles permettent aux petits centres de s’insérer dans le champ des échanges nationaux voire internationaux et d’entretenir des relations avec les grandes villes du Nord algérien et des pays voisins.
La question de mobilité religieuse s’inscrit essentiellement autour de certaines continuités historiques et culturelles, mais elle est aussi le produit de stratégies inconnues des zaouïas qui se repositionnent par rapport au nouveau contexte politique, social et culturel.