François Guizot et la création du CTHS : les sociétés savantes, la politique et l’histoire
2017
Simone MAZAURIC

Extrait de : "La France savante (édition électronique)"
Sous la direction de Arnaud HUREL
Introduction de Nicole LEMAITRE
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Jean-Claude BONNEFONT, Claude-Isabelle BRELOT, Christiane DEMEULENAERE-DOUYÈRE, Patrick DEMOUY, Arnaud DHERMY, Thierry LEFEBVRE, François LEFÈVRE, Simone MAZAURIC, Caroline NIESS-GUERLET, Jean-Paul ROTHIOT, Jean-Roger WATTEZ, Marianne ALTIT-MORVILLEZ, Évelyne BARBIN, Bernard DELAUNAY, Bruno DELMAS & Diane DOSSO, Ginette GABLOT, Monique GROS, Jean-François GUILLOT, Anne LOYAU, Cécile PARMENTIER, Sandra PÉRÉ-NOGUÈS, Pascal PIROT, Francis TOURNEUR, Nadine VIVIER, Falilah ADEDOKUN, François GASNAULT, Manon ISTASSE, Yanick LASICA & Dominique TRITENNE, Michel MIEUSSENS, Claude BOUHIER

Paris, Éditions du CTHS
2017
p. 84-97
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La création par Guizot, en 1834, d’un « comité chargé de diriger les recherches et la publication de documents inédits relatifs à l’histoire de France » (devenu en 1884 le Comité des travaux historiques et scientifiques), représente un moment singulier dans la longue histoire des sociétés savantes. C’est cette singularité que nous nous proposons de mettre en évidence en montrant comment, en créant un organisme spécifiquement consacré à l’inventaire et à la publication du patrimoine archivistique de la France, et en se donnant pour perspective de mobiliser, en vue de la réalisation de cet objectif, les ressources des nombreuses sociétés savantes réparties sur tout le territoire, Guizot, alors ministre de l’Instruction publique, prenait acte de l’importance du rôle que jouaient dans la vie nationale ces structures de sociabilité savante. En même temps, et surtout, il visait à créer entre elles une synergie destinée à amplifier ce rôle, notamment en les associant à la promotion d’une nouvelle conception de l’histoire, dont l’érudition formait la base mais non la fin ainsi qu’à un projet politique tout aussi essentiel à ses yeux : inscrire le nouveau régime, celui du « gouvernement représentatif », incarné par la Monarchie de Juillet, dans la longue durée de l’histoire de France.
On ne pourra que conclure in fine à la nécessité de préserver l’existence d’un organisme dont le rôle a inévitablement évolué tout en demeurant un instrument indispensable au maintien de ce maillage savant qui constitue un élément essentiel de l’identité nationale.