Le Far-West aux portes de Paris Codes de reconnaissance d’un réseau informel : les apaches
2017
Philippe NIETO

Extrait de : "Appartenances et pratiques des réseaux (édition électronique)"
Sous la direction de Claude GAUVARD
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Rudi BEAULANT, Cédric de FOUGEROLLE, Pascaline GAUSSEIN, Philippe NIETO, Antoine PASCAUD, Jennifer PETITJEAN, Michel A. RATEAU, Sébastien SCHICK, Virginie VIGNON, Charles VULLIEZ, Isabelle CHIAVASSA, Bruno DUMÉZIL, Jean Claude FAVIN LÉVÊQUE, Mathilde JOURDAN, Yassine KERVELLA-MANSARÉ, Annie LAGARDE FOUQUET, Camille ROBERT-BŒUF

Paris, Éditions du CTHS
2017
p. 50-65
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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L’apparition, et la disparition, des « apaches » dans la géographie parisienne peut être chronologiquement assez précisément datée. La généralisation à un réseau informel de jeunes délinquants de cette appellation, vraisemblablement issue du nom d’une bande de Belleville, est indissociablement liée à l’écho formidable que lui a donné la presse quotidienne « populaire », parfois pour des motifs politiques inavoués. L’évocation de cette tribu indienne des confins du Texas, de la Californie et du Mexique, popularisée par la littérature, est arrivée au bon moment pour donner une figure simple à un phénomène complexe : l’apparition de bandes de jeunes urbains tentées par une certaine forme de délinquance. Mais il s’agit plutôt d’une évocation, fondée sur des caractères imputés à cette tribu indienne – la fierté, la ruse, cruauté – non véritablement d’un modèle de vie : les « apaches » parisiens ne portent ni plume ni tomawak, mais deffe et saccagne.