132e congrès, Arles, 2007 - Images et imagerie - du 16 au 21 avril 2007

mardi 17 avril 2007 - 14:00


Colloques

Sous-thème : Enseignement et formation au dessin scientifique et technique

Chapitre : IV.B.3 - Des sites aux objets archéologiques : apport de la virtualisation

Titre : Louis Gaultier, professeur de géométrie descriptive à l’école de dessin du Conservatoire des arts et métiers de 1807 à 1848

Présidents :
DERVIEUX Alain
, ingénieur écologue CNRS-Université de Méditerranée, conseiller municipal aux nouvelles technologies
BROUZENG Paul , professeur émérite de l' Université Paris-Sud

Fils d’un avocat au baillage et présidial de Tours - futur Constituant, « qui [se fera] remarquer à l’assemblée constituante par ses opinions royalistes pour lesquelles il [sera] persécuté pendant la Révolution » et en 1816 président de la cour prévôtale de Tours - Louis Gaultier naît à Tours le 16 mars 1776. En l’an VII (1798) il entre à l’École polytechnique et renonce à la carrière militaire à sa sortie en 1801. Apprécié notamment par Molard pour ses compétences en mathématiques, en statique et en histoire naturelle - il a fait tous les dessins qui ont servi au cours des éléments des machines enseigné à l’École polytechnique - Louis Gaultier est nommé le 1er janvier 1807 professeur au Conservatoire des arts et métiers, pour créer avec le peintre et dessinateur d’ornements Dewailly l’école gratuite de dessin appliqué à la mécanique, qui deviendra bientôt école de géométrie descriptive et de dessin. « Fils d’artisans, de mécaniciens, de fabricants de tous genres, les élèves qui suivent les cours que l’on y enseigne deviennent par la suite des dessinateurs habiles, des contremaîtres, des chefs d’atelier capables et intelligents « [Le Génie industriel, n° 33, 1853].
De 1807 à 1816 et de 1818 à 1848, Gaultier enseigne à des élèves de 15 à 18 ans la géométrie élémentaire et descriptive, l’arithmétique, des rudiments de statique et de dynamique. D’après Renaud d’Enfert, le cours de Gaultier comprend également une « école du trait » pour les menuisiers, les charpentiers et les maçons.
Les travaux mathématiques de Gaultier concernent l’utilisation de la méthode de Roberval pour tracer la tangente à l’épicycloïde, ainsi que le problème d'Apollonius (construire un cercle tangent à trois cercles donnés) qui intéresse alors de nombreux élèves de l’École polytechnique. Gaultier soumet à l’Institut le 15 juin 1812 un mémoire sur les moyens de construire graphiquement un cercle déterminé par trois conditions ou une sphère déterminée par quatre conditions, mémoire où ce problème est résolu et généralisé à l’espace. Gaultier établit qu’il existe au plus huit cercles tangents à trois cercles donnés et seize sphères tangentes à quatre sphères données.
Le 31 août un rapport de Poisson - major de sa promotion à l’X - est favorable à l’insertion de ce travail dans le Recueil des savants étrangers et loue chez Louis Gaultier « une grande habitude des considérations synthétiques et un usage familier des procédés de géométrie descriptive ». En fait, le mémoire paraît en 1813 dans le seizième cahier du Journal de l'École polytechnique. Gergonne observera que les dénominations " axe radical" et " centre radical" y apparaissent pour la première fois.
En 1817, il propose l’acquisition d’une collection de 60 modèles stéréotomiques exécutés par Rambert, comprenant notamment des escaliers en trompe dans l’angle soutenant une voûte rampante. Le Conseil de perfectionnement a souvent dénoncé le manque de coordination entre les professeurs de la Petite École et le choix des contenus enseignés (sévère critique d’Arago en 1828).
Parmi les élèves de l’école, trois seront admis à l’École polytechnique et trois autres deviendront professeurs de géométrie. C’est l’un d’entre eux, Martelet, professeur de physique à l’École centrale des arts et manufactures, qui assure la suppléance de Louis Gaultier à partir de 1845 avant de devenir son successeur.

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M. Jacques BOROWCZYK, Maître de conférences en mathématiques à l'université François-Rabelais

Membre des sociétés savantes :
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Touraine, Chancelier
Société archéologique de Touraine, Membre
Société des antiquaires de l'Ouest, Membre