142e congrès, Pau, 2017
Circulations montagnardes, circulations européennes

III. Des passages : contraintes et dynamiques

Sous-thème : III.4. Construire le chemin : chemins de fer, tunnels et réseaux divers

Chapitre : Session « Transmission des savoirs par cartographie »

Titre : Plus qu’un outil, le câble des téléphériques ne serait-il pas un vecteur de civilisation ?

Quasi absente de la littérature, qu’elle soit universitaire ou de vulgarisation, une étude attentive des téléphériques comme moyens de transport polyvalents et support de vie en montagne, n’en est pas moins significative des genres de vie de certaines populations, mais aussi des politiques de développement et des grands chantiers nés après la Révolution industrielle. L’invention du câble d’acier en 1834 (Allemagne) amplifie ce phénomène, largement sous-estimé, apparu avec l’usage - déjà fort ancien - de cordes en travers de gorges, falaises ou rivières. Rapidement, ces téléphériques – d’abord pour le transport de marchandises, puis le transport de personnes – vont progressivement rendre d’inestimables services aux populations montagnardes, participant tout à fait officiellement au désenclavement de villages, comme, par exemple en suisse (Valais, Uri, etc.) et un peu partout en Europe, avant de gagner le Nouveau Monde ou l’Asie. Bois, bidons de lait, ballots de fourrage, vendanges, mais aussi voitures, camions et engins de chantier, conduites en acier, ciment, minerais de toutes natures... La liste longue, voire surprenante, des usages rendus possibles par ces téléphériques, de toutes dimensions et de toutes longueurs, n’a d’égale que la souplesse d’adaptation à tous les reliefs, sous tous les climats !


M. Michel TINET, géographe retraité, spécialisé dans les transports

Membre de la société savante :
Société de mythologie française, Secrétaire