143e congrès, Paris, 2018 - La transmission des savoirs

jeudi 26 avril 2018 - 14:00


Colloque 2.6. La transmission soumise à des injonctions contradictoires-Les aléas de la transmission
Chapitre : IV.B.3 - Des sites aux objets archéologiques : apport de la virtualisation

Titre : Les savoirs non transmis : des connaissances que l’ethnographe ne veut pas entendre ?

Présidents :
CHEVALIER Sophie
, professeur en anthropologie à l'université de Picardie Jules-Verne, chercheur à « Habiter le monde », associé au IIAC (Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain), UMR 8177, CNRS, École des hautes études en sciences sociales, co-directrice de la revue électronique Ethnographiques.org
AMALVI Christian , professeur d'histoire contemporaine à l'université Paul-Valéry Montpellier 3

Le projet SavNat-Afrique qui étudie la place et la dynamique des savoirs dans le processus de classement de la convention Ramsar en prêtant une attention particulière à la gestion concertée des oiseaux migrateurs et des zones humides en Afrique s’intéresse à l’internationalisation de la protection des zones humides à partir de la déclaration du Khor Abu Habil (Soudan) comme nouvelle aire Ramsar. La Convention de Ramsar (convention relative aux zones humides d'importance internationale pour les habitats des oiseaux d'eau) est un traité international adopté le 2 février 1971 dont le but consiste à promouvoir la conservation et l'utilisation durable des zones humides. À partir d’une ethnographie multi-située et multi-échelles (Marcus, 1998), nous observons la dynamique des savoirs écologiques dans trois scènes : le village de Tendelti dans le Khor Abu Habil, les institutions soudanaises impliquées dans le processus de classement de la zone (universités, établissements étatiques, organisations non gouvernementales), et les espaces de rencontre des agents des institutions internationales (Ramsar, AEWA-Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie). Dans ces cadres, la circulation de certains savoirs peut être « interférée » et « détournée » (Callon, 2006) par des aprioris du chercheur qui s’autocensure dans l’approche de quelques aspects. En effet, ce que le chercheur considère comme inacceptable (moralement), improbable (dépassé, inintéressant, illégitime) ou devant être caché par ses interlocuteurs, est culturellement et socialement situé. La communication analysera avec attention le cas de la chasse, pratique autour de laquelle se cristallisent des savoirs « confidentiels ». Cet exemple nous amènera à considérer le poids des aprioris que l’ethnographe « engage dans sa pratique » (Bouveresse, 2003) : en quoi filtrent-ils les enjeux et sélectionnent-ils ce qui peut être discuté ou non ? Génèrent-ils des situations d’entretien où des informations ne seraient pas transmises ?

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Mme Luisa ARANGO, Maître de conférences en anthropologie à l'Institut d’ethnologie de l'université de Strasbourg, Membre du laboratoire Sociétés, acteurs et gouvernement en Europe (SAGE, UMR 7363, CNRS)

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M. Guillaume CHRISTEN, Post-doctorant en sociologie de l'environnement au laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernements Europe (SAGE, UMR 7363, université de Strasbourg / CNRS), Chargé d’enseignement à l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (IUAR)