La province antiquaire
L'invention de l'histoire locale en France (1800-1870) - 2011
Odile Parsis-Barubé
ISBN : 978-2-7355-0740-5
464 p., 15 x 22 cm, br.
Collection : CTHS Histoire
N° dans la collection : 45
Code Sodis : F30791.6
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Survivances de l’antiquarisme hérité de l’époque moderne, l’histoire et l’archéologie monumentale s’inscrivent comme pratiques culturelles dominantes chez les élites provinciales entre 1800 et 1870. Comprendre comment la culture des « antiquaires » a pu servir à la fois le projet historiographique national rêvé par le régime de Juillet et contribuer à l’exaltation des identités locales, tel est le sens d’une enquête exemplaire jamais conduite à ce jour à une échelle aussi vaste. Dans cet ouvrage, l’auteur sait redonner vie à ce « moment antiquaire » en décrivant l’invention de l’histoire locale, inscrit dans une série de scènes de la vie de province.
Comptes rendus parus dans la presse :
Nonfiction.fr
08/07/2011 - Remi Jimenes
compte rendu
Extraits du compte rendu , publié en ligne (lien http://www.nonfiction.fr/article-4785-histoire_nationale_histoire_locale__lapport_antiquaire_de_la_province.htm)

"Le présent compte-rendu ne saurait épuiser le contenu d’une étude aussi riche, qui dresse un tableau passionnant de l’activité historienne dans la France du XIXe siècle. Centrée sur les grandes sociétés (antiquaires de l’Ouest, de Normandie, de Picardie) et sur leurs relations avec le centralisme parisien, l’ouvrage laisse toutefois peu de place à l’antiquarisme "indépendant" qui a pu exister hors de ces grandes institutions, notamment au sein les départements dans lesquels aucune structure équivalente n’a pu se constituer. (...)
Ces quelques réserves ne doivent toutefois pas occulter les qualités et le grand intérêt que présente cette Province antiquaire, synthèse à la fois vaste et précise qui, n’en doutons pas, fera date."


Revue Rabaska
31/08/2011 - Philippe Dubé
compte rendu
Extraits du compte rendu de Philippe Dubé, Université Laval (Québec)

"Cette habileté de communication et ce goût pour l’énonciation précise et bien rythmée atteignent, dans son dernier livre, un niveau d’achèvement que tout auteur souhaiterait pouvoir un jour égaler. Mais là ne s’arrête pas le talent de la praticienne de l’histoire culturelle et dix-neuviémiste de spécialité. Force est de constater que son dernier ouvrage fait la démonstration de son immense savoir sur «  les “petits pays” qui font le Grand » – en l’occurrence la France – dont les parties constituent le tout dirait simplement le géomètre.
(...)
L’antiquarisme du xixe siècle est venu au secours d’un besoin d’histoire, un goût pour le passé qui aura permis de poser les assises d’un édifice social et symbolique en construction. « La culture locale est une culture de sédimentation : une accumulation de chorographies [géographies régionales] qui attendent désespérément la remise en cohérence promise, censée aboutir à une histoire de la nation » (p. 415). Mais qu’en restera-t-il demain ? Ces vestiges d’une autre époque vont-ils servir de matériaux pour rebâtir ce que les maux de notre temps auront détruit ? Par ce livre d’une impeccable tenue intellectuelle nous est livrée une véritable leçon d’histoire : rien ne se perd, rien ne se crée, tout est mouvement et éternel recommencement. "


Clionautes/cliothèque
02/01/2012 - Ruggiero
compte rendu
extraits du compte rendu de Alain Ruggiero, paru le 2 janvier 2012

"C’est à suivre le cheminement long et complexe de l’élaboration de notre histoire nationale par le rôle des érudits s’intéressant au passé de la grande patrie par celui de la petite patrie que nous invite Odile Parsis Barubé dans un ouvrage dense, La province antiquaire, l’invention de l’histoire locale (1800-1870), complété par une abondante bibliographie et logiquement publié par les éditions du CTHS, organisme qui a sa place dans cette histoire. (...)

utant que par son originalité, par son idée directrice, sa conception, la finesse des analyses présentées ce livre foisonnant, dont il est difficile de rendre en peu de ligne toute la richesse, est intéressant par la variété et souvent par les exemples utilisés à propos d’un domaine finalement peu connu. Il permet, et ce n’est pas le moindre mérite de l’auteur, d’apporter de nouveaux éléments de réflexion sur l’évolution de l’écriture de l’Histoire et sur celle des origines de cette incontournable histoire locale."

Bulletin monumental
06/09/2012 - Françoise Hamon
compte rendu
extrait du compte rendu du Bulletin monumental de la société française d'archéologie, 170-2, p. 181-182, 2012 concernant l'ouvrage La Province antiquaire, l'invention de l'histoire locale en France 1800-1870

d'Odile Parsis-Barubé publié dans la collection CTHS-Histoire

"Le titre annonce bien la dualité du propos. La thèse d'habilitation d'O.Parsis-Barubé, soutenue au titre de l'histoire culturelle, étude très précisément l'activité antiquaire des provinces, principalement du point de vue de ce que cette activité intellectuelle et sociale apporte à la connaissance des histoires provinciales, à la mise au clair de leur histoire politique et sociale et à la définition de leurs territoires.
Bien que le propos ne soit pas l'histoire des phénomènes de patrimonialisation, l'historien de l'art fera son miel de cette synthèse qui exploite méticuleusement les travaux des trente dernières années consacrés à la découverte et à la célébration des monuments. (...)
O.Parsis-Barubé organise sa démonstration, chronologiquement, en même temps qu'elle établit une géographie régionale de ces activités patrimonialistes. Elle définit une périodisation assez inhabituelle par la continuité établie entre l'Empire et la Restauration. (...)
On pourra ironiser, in fine, sur la permanence des phénomènes ici examinés : ainsi évoquer les hésitations scientifiques, techniques et administratives pour organiser un iventaire national des monuments. Les nouveaux modes de perceptions et de diffusion du patrimoine local (ainsi les châteaux cathares à la télévision) qui donnent naissance à de nouvelles aspirations centrifuges (la Septimanie de récente mémoire). Les dénominations significatives des territoires y ont encore une réelle signification culturelle : Touergue ou Aveyron ? Enfin, on rappellera aussi qu'une sociabilité locale autour du patrimoine, plus ou moins érudite ou mondaine et pas exclusivement vieillissante, est toujours très vivace. Quid de l'avenir ? C'est donc une thèse qui, au-delà de son immense érudition, donne à réfléchir sur le rôle du sentiment patrimonial aujourd'hui, sur la place du passé dans notre présent ; enfin sur les actuels enjeux politiques et sociaux de la conservation monumentale.
Selon la bonne tradition du CTHS, les notes sont présentées en bas de page, les sources très précisément identifiées et la très riche bibliographie classée de façon très finement thématique ( trop ?). Les deux index sont utiles pour naviguer dans cette immense érudition."


Revue d’histoire du XIXe siècle
27/01/2014 - François Guillet
Extrait du compte-rendu paru dans le n° 37 de la Revue d'histoire du XIXe siècle :

"L’ampleur du travail mené par Odile Parsis-Barubé, s’appliquant à toutes les provinces et toutes les régions, le caractère synthétique de l’ouvrage, la diversité et l’originalité des thèmes abordés font de La province antiquaire un livre essentiel pour comprendre le premier XIXe siècle français."

Outre la version papier, le compte-rendu sera prochainement disponible sur le site Internet de la revue (http://rh19.revues.org)