Culture des conflits, culture d’entreprise et mémoire collective : les plaques commémoratives dans l’espace professionnel
2011
Nicolas Fasseur, Henri Dropsy, Marie-Noëlle Polino

Extrait de : "Honorer et commémorer les morts (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Catherine Cousin, Philippe Mauget, Mireille Corbier, Hélène Jacquest, Noémi Colin, Jean-Loup Lemaitre, Jean-Pierre Brelaud, Père Nicolas Risso, Régis Bertrand, Bernard Cherubini, Marie-Noële Denis, Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, Méryl Sill, Nicolas Fasseur, Emmanuel Chevet

Éditions du CTHS
2011
p. 229-246
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La question de départ peut se formuler simplement : pourquoi pose-t-on des plaques commémoratives ? L’hypothèse par laquelle on peut y répondre est pour sa part complexe. Elle doit rendre compte de tensions entre mémoire et histoire, qualifier l’ancrage de la mémoire sur un territoire, esquisser enfin une typologie de la mémoire. La plaque commémorative est la trace d’histoires de vie collectives sous leur forme minimale.
Quand on s’intéresse au corpus très particulier et pourtant très nombreux des plaques commémoratives des conflits du xxe siècle apposées dans les emprises de la SNCF, c’est-à-dire tant dans des espaces professionnels vus de la seule communauté qui y travaille que dans des espaces ouverts au public et quotidiennement, sinon intensément, fréquentés par lui, la réflexion se complexifie encore.
Vues par ce promeneur particulier qu’est l’historien, quelles archives constitue cet ensemble que nos enquêtes commencent à peine à appréhender dans toute son ampleur ?
Mémoire généalogique ancrée dans l’espace privé du bâti d’une entreprise de réseau qui couvre tout le territoire national, comment contribue-t-elle à la culture d’entreprise ? Confinées dans l’espace professionnel, à quoi servent des plaques commémoratives si elles ne sont pas là pour entretenir la mémoire collective voire nationale des conflits ? Sont-elles destinées à construire et à entretenir une mémoire propre à l’entreprise ? Assurent-elles une sorte de cohésion sociale au sein de l’entreprise ? Sont-elles des vecteurs de culture à la SNCF ? En quoi le travail de la mémoire contribue à la culture, et de qui relève cette culture ? Est-elle partagée ? Au-delà de celle-ci, quelle image du réseau donne cet ensemble de monuments reliés par leur motif, comment est-elle perçue et par qui ?
Désormais mieux connues par les recensements et relevés photographiques menés par plusieurs associations, les plaques commémoratives de la SNCF sont comparées dans leur interaction avec leurs différents publics avec celles de la Libération à Paris.