Représentation des crêtes sur les cartes et fixation de la frontière : le cas des Alpes du Nord
2015
Nicolas JACOB

Extrait de : "Langages et communication, espaces, territoires, pouvoirs (édition électronique)"
Sous la direction de Cécile SOUCHON
139e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nîmes, 2014
Alain COUTELLE, Marie-Pierre DAUSSE, Nicolas JACOB Suzanne DÉBARBAT et Émilie KAFTAN, Vincent MARCHAL Monique PELLETIER, Robert PORRET
Paris, Éditions du CTHS
2015
p. 32-45
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La représentation des montagnes sur les cartes fait l’objet de progrès à partir de la décision de la commission du dépôt de la guerre de 1802. Pour autant, l’abandon de la perspective, déjà bien réelle dans les levés réalisés par les ingénieurs géographes, ne résout pas tous les obstacles que ces derniers peuvent rencontrer sur le terrain. En effet, les difficultés des levés à pied en montagne génèrent des tracés lacunaires, notamment quant au dessin des lignes de crêtes sur les différentes cartes des Alpes du Nord, notamment manuscrites. Les traités d’Utrecht en 1713 comme de Turin en 1796 fixant justement les frontières alpines sur la ligne de crête ou de crête militaire, leur tracé va se trouver lié à la perception qu’a pu avoir l’auteur des levés et à leur retranscription au xviiie et au xixe siècle. Cette ambiguïté a pour conséquence des approximations dans la traduction correcte de la frontière des Alpes du Nord sur les premières cartes topographiques détaillées, manuscrites ou gravées, françaises ou sardes. Les exemples abondent au XIXe siècle, que ce soit au col de Tenneverge, au Mont Dolent et surtout au Mont-Blanc. La perception des sommets et des hautes altitudes avant la photographie s’ajoute ainsi à l’imbroglio juridique autour des articles des traités et de leurs annexes mais la mise en lumière de ces problématiques au travers d’une analyse fine et factuelle des cartes permet une approche renouvelée de ce type de revendication frontalière.