Concurrence et complémentarité : les missions lazariste et jésuite au Liban (1831-1861)
2016
Yann Bouyrat

Extrait de : "Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre
140e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Reims, 2015

Isabelle BLAHA, Yann BOUYRAT, Marie-Madeleine de CEVINS, Julia CONESA SORIANO, Cécile DUCHER, Laure HENNEQUIN-LECOMTE, Stéphane LECOUTEUX, Jean-Loup LEMAITRE, Sylvain LETEUX, Bruno MAES, Philippe MOULIS, Yafes UYARCI, Badreddine YOUSFI, Claire MALIGOT
Paris, Éditions du CTHS
2016
p. 19-32
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
  Article en pdf à télécharger gratuitement
Revenus en Orient en 1831, les PP. jésuites et lazaristes sont parvenus, au cours des trente années suivantes, à mettre en place un puissant réseau de missions et d’écoles, aussi bien sur la côte que dans la Montagne libanaise.
Cette expansion ne s’est pas faite sans tensions. Les prêtres de la Mission et les disciples de saint Ignace se sont d’abord heurtés dans leurs choix d’implantation. Cette rivalité aboutit à un partage précaire de l’espace libanais, les premiers s’installant au nord, en « pays » maronite, les seconds au sud et au centre, dans des espaces plus divers sur le plan religieux. Leurs rapports respectifs avec la France les ont aussi éloignés : proches des lazaristes, les consuls de France ont toujours éprouvé une grande méfiance à l’égard des jésuites.
Les deux congrégations ont cependant fini par se rapprocher. Deux facteurs clefs l’expliquent : une commune volonté de diffuser, parallèlement au catholicisme, la langue et la culture françaises dans de grandes institutions scolaires ; la nécessité surtout, de faire front commun face à un nouvel adversaire : les prédicateurs protestants.
D’abord concurrentes, les missions jésuites et lazaristes sont ainsi devenues complémentaires, pour le plus grand profit de la France.