133e congrès, Québec, 2008 - Migrations, transferts et échanges de part et d'autre de l'Atlantique


Thème 3. Migrations et peuplement

Sous-thème : Migrations et migrants de la période historique

Chapitre : Les courants de peuplement en provenance d'Europe

Titre : Le Havre, porte océane des émigrants en partance pour New York (1850-1939)

Dès le milieu du XIXe siècle, Le Havre est l’un des principaux ports européens pour l’embarquement des émigrants, pour la plupart désireux de s’installer aux États-Unis. Le transport massif des émigrants bénéficie au Havre de plusieurs facteurs favorables dès les années 1850 : nouvelles infrastructures portuaires, ouverture d’une ligne transatlantique Le Havre-New York (traversée assurée par des paquebots à vapeur) en 1848, prolongement concomitant de la ligne ferroviaire Paris-Rouen jusqu’au Havre. Dès lors, en dépit de la concurrence de ports allemands comme Hambourg, le rythme annuel des migrants embarqués au Havre avoisine les 100 000 par an.
L’étude mettra l’accent sur les origines de ces migrants venus principalement des États allemands avant 1870, puis de l’Europe centrale et orientale (âge, sexe, origines sociales, état sanitaire…).
Une place particulière sera faite aux agences de recrutement de ces migrants (cas en particulier des émigrés venus de Pologne, Bulgarie, Roumanie…) pris en charge dès leur pays (recrutement, transport ferroviaire jusqu’au Havre, logement dans des garnis surpeuplés). Ces agences de recrutement étaient loin d’être toutes légales : il existe aussi en particulier après 1919 un trafic clandestin, qui nous est connu grâce aux stowaways (passagers clandestins) arrêtés et poursuivis par la justice française.
Ces cas de retours forcés montrent aussi les différents rythmes de l’histoire migratoire liés aux quotas imposés par les autorités américaines.

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M. Olivier HUTET, Doctorant en histoire contemporaine à l'université de Rouen