137e congrès, Tours, 2012 - Composition(s) urbaine(s)

jeudi 26 avril 2012 - 13:30


I. Les moments

Sous-thème : I.D. Composition urbaine et ordre public du XVIe au XIXe siècle

Chapitre : Ordonner, partager et régénérer la ville - 3 - salle 11

Titre : L’invention d’un territoire de la vieillesse à Paris au XIXe siècle. Construction et expérimentation d’une politique spatiale différenciée de l’Assistance parisienne.

Présidents :
CHAPPEY Jean-Luc
, maître de conférences habilité à diriger les recherches en histoire moderne à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne, EA 127, Institut d’histoire de la Révolution française
PLUMAUZILLE Clyde , doctorante et ATER en histoire moderne à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, EA 127, Institut d’histoire de la Révolution française

Dès lors qu’on s’intéresse aux logiques spatiales de l’Assistance à Paris au XIXe siècle, et particulièrement à celles qui ordonnent les espaces dévolus à la vieillesse, on est frappé par l’éviction des vieillards du centre de Paris et par l’émergence de structures d’hébergement exclusivement réservées à leur accueil. La capitale, dans ses limites de 1860, ne comprend plus aucun établissement public d’assistance aux vieillards à la fin du XIXe siècle : Paris ne semble plus vouloir de ses vieux. Dépasser ce constat impose de s’interroger sur la façon dont s’opère et s’explique, à la fois matériellement et idéologiquement, la mise à l’écart et la mise en ordre de ces cités de vieillards. Par ailleurs, les logiques politiques, sociales et urbaines qui ordonnent et désordonnent Paris dans le second XIXe siècle viennent se conjuguer à une politique de l’Assistance publique elle-même en train d’ordonner son action à l’égard des vieillards. Cette gestion territoriale de la vieillesse résulte et reflète de nouvelles normes qui tendent à prôner pour cet âge de la vie le calme et le repos. Pour éviter de réduire cette régénération des espaces de vieux à une mort sociale, il faut interroger la construction de ce nouvel ordre spatial et moral pour le grand âge. Enfin, les capacités d’accueil considérables, le fonctionnement interne (parfois complètement autonome par rapport à leur environnement urbain) et la semi-fermeture de certains établissements posent la question des continuités et des discontinuités entre la ville et les espaces d’assistance qu’elle propose à ses indigents. Malgré la mise en ordre des cadres de fin de vie, une partie des vieillards parisiens revendiquent d’être des urbains en lien avec la ville qui les entoure, tout en se pensant comme habitants de l’hospice. Pour faire l’histoire de l’institutionnalisation de la prise en charge de la vieillesse, il faut absolument considérer l’action de ceux qui la vivent. Dans cette perspective on interrogera la contribution des vieillards à la mise en ordre et à la mise à l’écart des hospices et des maisons de retraite dans l’espace parisien.

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Mme Mathilde ROSSIGNEUX-MÉHEUST, Maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lumière-Lyon II