142e congrès, Pau, 2017
Circulations montagnardes, circulations européennes

I. Circulations montagnardes d'hommes et de biens

Sous-thème : I.2. L’exploitation et la transformation des ressources naturelles

Titre : Du vin antique sur un versant haut-savoyard ? Le vignoble et le pressoir de Versoie à Thonon-les-Bains

Le 25/04/2017 - 09:30

Les vestiges d’une petite occupation rurale des IVe et Ve s. ap. J.-C. ont été fouillés en 2014 au bord de l’ancien marais de Versoie, sur une terrasse fluvio-glaciaire située à 460 m d’altitude au nord du massif du Chablais en Haute-Savoie. L’étude du site permet de restituer une parcelle de vigne et un bâtiment abritant un pressoir à levier. Il s’agit d’un nouveau jalon dans l’histoire de la viticulture alpine, à l’heure où les seules données savoyardes se bornent à une inscription trouvée à Aix-les-Bains mentionnant le don d’un bois sacré et de son vignoble, et aux pépins de raisin qui n’attestent qu’une consommation des fruits, comme à Portout. Doit-on voir le vignoble de Versoie comme une attestation du fameux cépage « vitis allobrogica » ou « vitis picata » dont Pline nous dit qu’il est productif et affectionne les lieux froids, alors que les sites de production de ce breuvage au fort potentiel commercial sont plutôt attendus aujourd’hui dans une région plus centrale de la cité de Vienne, vers les contreforts du Dauphiné ? Ce cépage pourrait ne pas s’être pérennisé dans le Chablais, les moines introduisant la culture du Chasselas en « crosses » (hautains) au XIe siècle sur la rive sud du Léman, et ce cépage ne s’y généralisant que dans la première moitié du XVe siècle.


M. Christophe LANDRY, archéologue chargé d'opération et de recherche à l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), membre du laboratoire ARAR (Archéologie et archéométrie), UMR 5138, CNRS