La politique des États et leur géographie
2007
Jean GOTTMANN, Luca MUSCARA (intro.)
ISBN : 978-2-7355-0624-8
261 p. | 12 x 18,5 cm | br.
Collection : CTHS Format
N° dans la collection : 62
Code Sodis : F30665.8
commander l'ouvrage [prix : 15,00 €]
Mondialement connu pour son étude sur la Megalopolis du nord-est des États-Unis, Jean Gottmann (Kharkov, 1915 - Oxford, 1994) est un géographe français extraordinaire. Juif d’origine ukrainienne, il échappa de peu à la mort pendant la Révolution bolchevique. Émigré à Paris, il était l’assistant talentueux de son directeur de recherche à la Sorbonne lorsque l'invasion nazie le fit s'exiler à New York, d’où il rejoignit la France Libre, en participant à l’effort de guerre en tant que conseiller des gouvernements américain et français, puis à l’effort de paix aux Nations Unies. Membre de l’Institute of Advanced Study de Princeton, professeur à Science Po et directeur d’Études à l’EPHE puis à l’EHESS, il dirigea enfin la School of Geography d’Oxford.
L’invitation à relire La politique des États et leur géographie, paru en 1952, est motivée par le fait que l’auteur anticipe déjà sur le débat politique et géographique de la mondialisation des territoires et du multiculturalisme. Bien que les États soient évoqués dans le titre, le géographe citoyen du monde se dégage de la vision étatique traditionnelle en nous rappelant l’unité de la Terre et en défendant la variété de sa géographie. Pour rechercher une mesure commune entre l’unité politique du globe et son inévitable fragmentation en régions, il est nécessaire de revenir à la géographie et à l'histoire, en considérant à la fois la dimension matérielle – la grande dynamique humaine de la circulation planétaire – et la dimension symbolique, psychologique et culturelle des communautés sous-tendue par les différentes cloisons dans leurs moindres nuances régionales.
Les identités des différentes communautés projetées et reflétées sur les territoires et se cachant aujourd’hui dans les réseaux sont indispensables pour concevoir une organisation politique à l’échelle d’une communauté mondiale unifiée par la circulation, mais culturellement et psychologiquement cloisonnée par l’histoire et la géographie. La dialectique entre ces deux dimensions nous permet d’approcher les contradictions produisant l’instabilité actuelle à l’échelle de la géopolitique mondiale et de la cohabitation urbaine.