La culture des élites du Sud au siècle des Lumières (étude du cas du Périgord)
2003
Michel Combet

Extrait de : "L'homme du Midi. Sociabilités méridionales (édition électronique)"
sous la direction de Christian Desplat ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Michel Combet, Caroline Barrera, Philippe Martel, Pierre Chabert, Jean-Michel Delaplace, Francis Brumont, Pierre-Jacques Olagnier, Dominique Bidot-Germa, Muriel Gény-Mothe, Paul Dietschy, Laurent Macé, Jean-Yves Puyo, Sébastien Ramé, Yves Morales, Jean-Paul Laplagne
Paris, Éditions du CTHS
2003
p. 23-40
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au XVIIIe siècle, l’ancienne province du Périgord reste, comme beaucoup de régions du Sud-Ouest de la France, profondément marquée par son caractère rural et son éloignement des lieux de pouvoirs et de culture. Concernant ses élites, se pose la double question de leur niveau de culture et de sa spécificité.
Les productions de l’édition locale, largement dominées par des réalisations médiocres et alimentaires, destinées à un public à lent développement culturel, font aussi la place à de rares ouvrages originaux. Ceux-ci expriment deux aspects d’une culture régionale : des œuvres littéraires en langue occitane ou en français, une histoire renouvelée qui puise ses ressources dans le patrimoine aquitain. Ces préoccupations se retrouvent au niveau du principal centre culturel du Périgord, l’abbaye de Chancelade, près de Périgueux, où se crée un embryon de foyer de recherche historique tandis que les œuvres et la langue des troubadours y sont l’objet d’un regain d’intérêt.
Les inventaires et catalogues de bibliothèques témoignent plus largement du niveau culturel et des préoccupations des élites : elles supportent la comparaison avec celles de Bordeaux, place culturelle de tout premier ordre. Au-delà, ces sources permettent de dégager les caractéristiques d’une culture qui hésite entre uniformité et originalité par l’intégration plus ou moins forte d’œuvres, contemporaines ou non, enracinées dans le patrimoine.