Désenclavement et commerce du vin en bas Armagnac au XVIIIe siècle
2003
Francis Brumont

Extrait de : "L'homme du Midi. Sociabilités méridionales (édition électronique)"
sous la direction de Christian Desplat ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Michel Combet, Caroline Barrera, Philippe Martel, Pierre Chabert, Jean-Michel Delaplace, Francis Brumont, Pierre-Jacques Olagnier, Dominique Bidot-Germa, Muriel Gény-Mothe, Paul Dietschy, Laurent Macé, Jean-Yves Puyo, Sébastien Ramé, Yves Morales, Jean-Paul Laplagne
Paris, Éditions du CTHS
2003
p. 99-109
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Au XVIIIe siècle, les pays de la moyenne vallée de l'Adour, aux confins de l'Armagnac et du Béarn, voient le commerce de leurs vins connaître une évolution notable qui commence au milieu du XVIIe siècle. Jusqu'à cette date ces vins étaient consommés sur place ou vendus aux vallées pyrénéennes où l'on accédait simplement en suivant le cours de l'Adour. Mais à partir de 1660-1670, l'action des marchands hollandais établis à Bayonne conduit à la production de vins blancs doux destinés à être exportés vers le Nord. Quelques décennies plus tard, vers 1730, la demande de vins rouges puissants et de longue garde destinés à être envoyés vers les Îles entraîne un nouveau changement. Quelques paroisses situées essentiellement en Rivière-Basse, autour de Madiran, se spécialisent dans la production de ces vins. C'est à la même époque que la construction de nouvelles routes est entreprise dans la région; vers 1760, les routes arrivent dans la région avec les axes Toulouse-Bayonne, Aire-sur-Adour-Pau, et Tarbes-Aire-sur-Adour. Alors qu'il reste quelques dizaines de kilomètres à aménager sur cet axe, les communautés viticoles s'opposent sur son tracé; deux voies sont possibles, l'une, très aisée, suivant la vallée de l'Adour, l'autre empruntant les coteaux de sa rive gauche, beaucoup plus difficile à aménager, mais passant en plein cœur du vignoble. C'est cette deuxième solution qui est retenue, pour des raisons qui ne sont pas très claires. Le résultat ne se fait pas attendre: la superficie du vignoble double en trente ans dans les communautés traversées, alors que les communes éloignées de la nouvelle voie se plaignent du déclin de leur commerce et de leurs vignes.
Sources: Série C (Intendance), délibérations municipales, cadastres.