La culture chevaleresque méridionale au XIIe siècle
une idéologie sans tournoi ? - 2003
Laurent Macé

Extrait de : "L'homme du Midi. Sociabilités méridionales (édition électronique)"
sous la direction de Christian Desplat ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Michel Combet, Caroline Barrera, Philippe Martel, Pierre Chabert, Jean-Michel Delaplace, Francis Brumont, Pierre-Jacques Olagnier, Dominique Bidot-Germa, Muriel Gény-Mothe, Paul Dietschy, Laurent Macé, Jean-Yves Puyo, Sébastien Ramé, Yves Morales, Jean-Paul Laplagne
Paris, Éditions du CTHS
2003
p. 173-184
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Cette étude part des conclusions que L. Paterson tire de ses travaux : l'Occitanie des XIIe-XIIIe siècles ne connaît pas le tournoi. Ce constat, effectué à partir de l'analyse de sources littéraires, est corroboré par notre travail sur les actes de la pratique, les sources narratives et iconographiques. Le tournoi est une pratique culturelle d'influence française qui se diffuse au cours du XIIIe siècle dans le Midi médiéval.
Pour autant, la notion même de " joute " existe dans cette zone géographique : elle est présente sous la forme de la disputatio théologique entre hérétiques et prélats catholiques ; elle est largement développée dans les formes même de la production courtoise : les troubadours s'affrontent à coups de tenso et autre partimen ; elle est également attestée par la pratique du jeu d'échecs dont de récentes découvertes archéologiques montrent une large et ancienne transmission.
Dès lors, quelles sont les conséquences de cette absence du tournoi dans le quotidien de l'aristocratie méridionale ? Cela peut se mesurer lorsque la culture " occitane " et la culture " française " s'affrontent sur les champs de bataille, dans le cadre de la croisade contre les Albigeois. Les récits des différents auteurs montrent l'ampleur des défaites méridionales lors d'affrontements où tout se joue sur des charges de cavalerie.
La culture chevaleresque méridionale est donc particulière, elle repose sur des valeurs propres qui ne sont pas liées à des pratiques plus septentrionales telles que le tournoi ou encore l'adoubement.