La mobilité des artistes français dans l'Europe du XIXe siècle
approche à partir du Dictionnaire de Choron et Fayolle
Christine Gaudin-Naslin

Extrait de : "Réseaux culturels européens (édition électronique)"
sous la direction de Robert Deloince et Gérard Pajonk ; 125e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Lille, 2000

Françoise Waquet, Jean Prouvost, Suzanne Débarbat, Henk Kubbinga, Christine Gaudin-Naslin, Markus Kohl, Marion Muller-Dufeu, Tangi Villerbu, Simone Mazauric, Roger Texier, Simone Dumont, Michelle Garnier-Butel, Marie-Suzanne Binétruy, Jean Flouret, Chantal de Tourtier-Bonazzi, Monique Mestayer, Michel Colardelle, Christian Bromberger, et Isac Chiva, Pierre Albert, Christian Bange, Bemard Rollet, Jean-Loup d'Hondt
Paris, Éditions du CTHS
p. 69-76
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Comme les négociants et les militaires, les artistes constituent une population par nécessité migrante. Au XIXe siècle, l'espace européen reste leur sphère de déplacements, de formation et de rayonnement privilégiée. Les formes de sociabilités auxquelles ils s'associent au fil de leur parcours attestent de leur capacité d'intégration. Ces réseaux, parfois fort influents, facilitent leur intégration professionnelle et sociale. Des sources aussi variées que les biographies, les monographies d'institutions, les éloges funèbres des artistes, autorisent la reconstitution d'itinéraires tout à fait significatifs de leur faculté d'adaptation et de leur rayonnement européen. Mais ces parcours exemplaires ne sont pas uniquement les fruits de « stratégies individuelles » ou de « plans de carrière ». L'histoire politique détermine également des mutations importantes ou des phénomènes plus éphémères. Ainsi, l'implantation à Paris d'artistes italiens sous le Premier Empire est-elle la conséquence conjuguée d'une prédilection générale pour l'art lyrique et de l'influence personnelle de Napoléon Ier. Les changements de régime poussent certains artistes à s'expatrier. L'exil subi ou le déracinement consenti les poussent quelquefois au-delà des frontières européennes. Au terme de la vie d'un artiste se pose évidemment la question de son rapport avec son sol natal et de son retour au pays. Il arrive qu'une cité (Liège par exemple) cherche à se constituer une identité à dimension internationale en honorant la mémoire d'un artiste reconnu dans toute l'Europe (Grétry). Cet exemple montrera que la mobilité des artistes peut également entraîner des conflits de rivalité entre capitales culturelles européennes.