Un étudiant français à l'université d'Heidelberg : Henri Calluaud, 1836-1837

 
Chantal de Tourtier-Bonazzi

Extrait de : "Réseaux culturels européens (édition électronique)"
sous la direction de Robert Deloince et Gérard Pajonk ; 125e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Lille, 2000

Françoise Waquet, Jean Prouvost, Suzanne Débarbat, Henk Kubbinga, Christine Gaudin-Naslin, Markus Kohl, Marion Muller-Dufeu, Tangi Villerbu, Simone Mazauric, Roger Texier, Simone Dumont, Michelle Garnier-Butel, Marie-Suzanne Binétruy, Jean Flouret, Chantal de Tourtier-Bonazzi, Monique Mestayer, Michel Colardelle, Christian Bromberger, et Isac Chiva, Pierre Albert, Christian Bange, Bemard Rollet, Jean-Loup d'Hondt
Paris, Éditions du CTHS
p. 205-216
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Henri Calluaud, né le 8 août 1815 dans une vieille famille charentaise, fut élevé au collège de Pontlevoy, près de Blois, puis au collège Sainte-Barbe, rue des Postes (actuelle rue Lhomond), à Paris. Après un échec à l’École polytechnique, il entre à la Faculté de droit. Ses premiers grades conquis, le jeune homme décide de parfaire son éducation à l’étranger et son choix se porte sur une université allemande. Il séjournera donc à Heidelberg, au grand-duché de Bade, chez les Brummer, Hauptstrasse, de septembre 1836 à octobre 1837. Dans une correspondance abondante et détaillée adressée à son père, André Calluaud, receveur général des finances du département du Pas-de-Calais, à sa mère, née Adèle André, et à sa sœur Mathilde, Calluaud décrit son emploi du temps, ses lectures et ses voyages, la vie d’une famille allemande, les coutumes des étudiants, et cite les personnalités rencontrées : la grande-duchesse de Bade, Stéphanie de Beauharnais, sa fille la princesse Marie, future duchesse de Hamilton, et l’historien Edgar Quinet. Ces archives privées illustrent l’intérêt éprouvé par un jeune français pour l’Allemagne dans le sillage de Mme de Staël et de ses émules et la formation d’un futur serviteur de l’État sous la Monarchie de Juillet. Henri Calluaud, de retour en France, sera auditeur au Conseil d’État, sous-préfet de Bar-sur-Seine, puis d’Abbeville de 1845 à 1848. Elu député de la Somme le 8 février 1871, il mourra trois semaines plus tard, le 25, à Bordeaux où il était venu siéger à l’Assemblée nationale.