L'anthropologie sociale et culturelle d'un espace à la recherche de sa cohérence : pour un musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée
Extrait de: Réseaux culturels européens. Des constructions variées au cours du temps (p. 227-244)
Michel Colardelle, Christian Bromberger, et Isac Chiva

Extrait de : "Réseaux culturels européens (édition électronique)"
sous la direction de Robert Deloince et Gérard Pajonk ; 125e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Lille, 2000

Françoise Waquet, Jean Prouvost, Suzanne Débarbat, Henk Kubbinga, Christine Gaudin-Naslin, Markus Kohl, Marion Muller-Dufeu, Tangi Villerbu, Simone Mazauric, Roger Texier, Simone Dumont, Michelle Garnier-Butel, Marie-Suzanne Binétruy, Jean Flouret, Chantal de Tourtier-Bonazzi, Monique Mestayer, Michel Colardelle, Christian Bromberger, et Isac Chiva, Pierre Albert, Christian Bange, Bemard Rollet, Jean-Loup d'Hondt
Paris, Éditions du CTHS
18 p.
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Les musées d’ethnologie sont, en Europe, à la croisée des chemins. Les musées locaux, régionaux ou thématiques connaissent un développement qui contraste avec la stagnation, voire le déclin des musées nationaux, tel le Musée national des arts et traditions populaires à Paris. Cette évolution coïncide avec un désintérêt de la recherche académique pour l’ethnographie et la culture matérielle dans les sociétés industrielles et post-industrielles. Ce phénomène a des causes multiples, les unes conceptuelles — transposition, dans le domaine anthropologique, du débat sur « la fin de l’histoire » — les autres sociétales. En particulier, à l’heure de la mondialisation économique et culturelle, les enracinements identitaires se produisent davantage à un niveau local que national — la nation elle-même, sauf dans les régions orientales de l’Europe où l’empire soviétique a modifié la donne de manière durable, n’ayant plus besoin de fonder sa cohésion sur un sentiment d’appartenance à une même « tradition » —. Quant aux parentés sociales d’échelle plus large, la multiplication des voyages et la profusion de l’information audiovisuelle suffisent à les mettre en évidence.
Tirant les conséquences de ce constat et considérant qu’un musée d’anthropologie sociale et culturelle se doit avant tout de répondre aux besoins des citoyens, le Musée national des arts et traditions populaires a entrepris de s’ouvrir à une thématique élargie, se transformant en « musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée », et prenant en compte de manière transdisciplinaire tous les aspects des dynamiques sociales qui conduisent à l’Europe actuelle et à celle de demain.