Les botanistes français et la flore d'Europe au XIXe siècle

 
Christian Bange

Extrait de : "Réseaux culturels européens (édition électronique)"
sous la direction de Robert Deloince et Gérard Pajonk ; 125e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Lille, 2000

Françoise Waquet, Jean Prouvost, Suzanne Débarbat, Henk Kubbinga, Christine Gaudin-Naslin, Markus Kohl, Marion Muller-Dufeu, Tangi Villerbu, Simone Mazauric, Roger Texier, Simone Dumont, Michelle Garnier-Butel, Marie-Suzanne Binétruy, Jean Flouret, Chantal de Tourtier-Bonazzi, Monique Mestayer, Michel Colardelle, Christian Bromberger, et Isac Chiva, Pierre Albert, Christian Bange, Bemard Rollet, Jean-Loup d'Hondt
Paris, Éditions du CTHS
p. 255-276
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Pendant tout le XIXe siècle, les ouvrages consacrés à l'étude de la flore locale ou régionale se sont multipliés en France : on en dénombre plus de deux cents, dus à des auteurs de statut social et professionnel et de formation très variés. En revanche, les publications qui embrassent la totalité de la flore de France sont plus clairsemées (une douzaine environ) ; du début du siècle à la fin, leur publication est généralement le fait de botanistes confirmés, qui ont souvent visé à l’exhaustivité. Si l'utilité de ces travaux de synthèse explique leur succès auprès des spécialistes aussi bien que des amateurs, il est pour le moins étonnant que peu de botanistes aient envisagé l'étude de la flore à l'échelle européenne, alors que de grandes flores continentales commencent à voir le jour, pour l'Amérique du Nord, l'Australie, le Proche et le Moyen Orient, par exemple. Cependant, quelques tentatives françaises sont à signaler dans ce domaine : on retiendra notamment l’histoire des plantes d’Europe de Gilibert (1798), la Flore d’Europe de Boissieu (1805-07), l’histoire philosophique des plantes d’Europe de Poiret (1825-29), les Études sur la Géographie Botanique de l’Europe de Lecoq (1854-58), ou la Flora Europae de Gandoger (1881-91). La présente communication examine les caractéristiques de ces ouvrages, ainsi que les conditions de leur réalisation, les confronte à la production scientifique de l'époque dans le domaine d'étude envisagé, s'efforce de mettre en lumière les objectifs de leurs auteurs et de leurs éditeurs, et analyse les raisons du relatif désintérêt manifesté alors par les botanistes à l'égard de ce genre de production, qui contraste avec l'accueil favorable réservé cent ans plus tard à la grande entreprise internationale de la Flora europaea (1963 ssq).