L'évolution des paysages fluviaux garonnais (épuisé)
le cas de la confluence du Dropt - 2005
Philippe Valette

Extrait de : "Paysages, territoires, aménagements dans le sud de la France (édition électronique)"
sous la direction de Jean-Louis Tissier ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Etienne Auphan, Michel Bartoli, Bernard Gonot, Guy Mainet, Philippe Vallette, Jean-Paul Métailié, Christine Vergnolle Mainar, Emmanuel Garnier, Jean-Yves Puyo, Robert Sourp, Jean-Luc Laffont, René Plessix, Jean-Louis Escudier
Paris, Éditions du CTHS
2005
p. 11-32
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Les paysages fluviaux garonnais sont de véritables palimpsestes, sur lesquels chaque société a imprimé sa marque. L’étude de leur évolution nous incite à mener une réflexion sur une échelle historique, du XVIIIe siècle à aujourd’hui.
Cette approche suppose la mise en place d’une méthodologie spécifique. La juxtaposition de différents documents nous permet de reconstituer les caractéristiques des paysages fluviaux garonnais. Quatre outils sont exploitables : la carte topographique, les textes d’archives, les anciennes cartes postales et la toponymie. Parmi eux, la carte topographique est un élément essentiel car la comparaison de cartes d’époques différentes permet de décrire le paysage et sa transformation au cours de l’histoire. Avec ces cartes, le calcul de paramètres semi-quantitatif, comme la largeur de la bande active, nous permet de connaître l’évolution de la géomorphologie du lit fluvial. Les trois autres outils viennent compléter l’analyse cartographique en décrivant les contextes techniques, économiques et institutionnels des différentes sociétés garonnaises.
Face à cette méthodologie, le secteur de la confluence du Dropt et de la Garonne a été choisi comme site d’étude. Le paysage fluvial y est caractérisé par une omniprésence de l’inondation. Ce fléau a obligé les sociétés garonnaises à lutter constamment contre et avec le fleuve en construisant des digues, en provoquant des atterrissements. Au début du XVIIIe siècle, le paysage fluvial est particulièrement instable. La Garonne est encombrée d’îles et de graviers, témoignage des relations conflictuelles des hommes avec le fleuve. Partout, des conflits opposent les usagers du fleuve (riverains, navigateurs, administration...).
À partir de 1820, le paysage fluvial connaît une véritable mutation. Le lit instable laisse place à un chenal endigué et étroit. La société intervient sur la Garonne en la maîtrisant au travers de divers aménagements. Aujourd’hui encore le paysage fluvial des environs de la confluence du Dropt est jalonné d’enrochements, de ligne de rives, d’épis...
Notre démarche historique est donc nécessaire pour comprendre les paysages actuels, qui juxtaposent très souvent aménagements contemporains et réalisations plus anciennes. Elle nous révèle aussi l’impact des activités humaines sur la Garonne.