Désenclavement et échelles d'accessibilité : le cas de l'Aveyron
2005
Etienne Auphan

Extrait de : "Paysages, territoires, aménagements dans le sud de la France (édition électronique)"
sous la direction de Jean-Louis Tissier ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Etienne Auphan, Michel Bartoli, Bernard Gonot, Guy Mainet, Philippe Vallette, Jean-Paul Métailié, Christine Vergnolle Mainar, Emmanuel Garnier, Jean-Yves Puyo, Robert Sourp, Jean-Luc Laffont, René Plessix, Jean-Louis Escudier
Paris, Éditions du CTHS
2005
p. 75-92
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le département de l’Aveyron est traditionnellement perçu comme l’un des plus inaccessibles de notre pays. Presque totalement inclus dans le Massif central méridional, partagé entre les trois influences de l’Auvergne, du Languedoc et du Midi toulousain auquel il se rattache administrativement au sein de la région Midi-Pyrénées, il n’est pourtant pas l’un des plus éloignés de Paris dont le séparent un peu plus de 600 km. Mais sa situation à l’écart de tous les grands axes en raison de la topographie de hauts plateaux qui est en grande partie la sienne, l’a longtemps cantonné dans un isolement réel au regard de son accessibilité, particulièrement lors du développement de la mobilité automobile, la modestie des trafics ayant retardé la modernisation de son réseau routier, aujourd’hui en grande partie réalisée. En fait, cet isolement était très relatif : le Rouergue a toujours entretenu des relations très étroites avec la capitale comme en témoigne – phénomène unique – le fonctionnement encore actuel des trois trains de nuit quotidiens qui relient ses trois villes principales à Paris. Cependant, si le rôle du réseau ferré tend à s’amenuiser en se recentrant sur les liaisons régionales, le réseau routier a connu une profonde mutation, très sélective néanmoins, favorisant les liaisons avec les capitales nationale et régionale ainsi qu’avec la préfecture départementale au détriment des liaisons directes. Là comme ailleurs, la hiérarchisation du réseau s’accompagne d’une restructuration en réseaux polarisés aux différentes échelles d’accessibilité, plus ou moins déformés par les nouveaux axes lourds qui effleurent le département sur ses flancs ouest et est. Quant à l’avion, il est présent sur la liaison Rodez-Paris, renforçant et renouvelant le lien traditionnel entre le Rouergue et Paris, et contribuant au désenclavement spectaculaire d’un département toujours soucieux de maintenir les formes originales de son développement.