La question de l'approvisionnement en eau de Toulouse au siècle des Lumières
2005
Jean-Luc Laffont

Extrait de : "Paysages, territoires, aménagements dans le sud de la France (édition électronique)"
sous la direction de Jean-Louis Tissier ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Etienne Auphan, Michel Bartoli, Bernard Gonot, Guy Mainet, Philippe Vallette, Jean-Paul Métailié, Christine Vergnolle Mainar, Emmanuel Garnier, Jean-Yves Puyo, Robert Sourp, Jean-Luc Laffont, René Plessix, Jean-Louis Escudier
Paris, Éditions du CTHS
2005
p. 145-162
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les difficultés éprouvées par Toulouse pour se doter d'un système général d'adduction d'eau potable et d'évacuation des eaux usées, les longs débats et les vives polémiques qui s'y attachèrent, le caractère tardif des réalisations, expliquent la place tenue par ces problèmes dans la mémoire collective toulousaine. Pourtant, lorsqu'on considère l'état de l'historiographie locale, on constate que la question de l'eau y occupe une portion congrue qui détonne par rapport à son importance et, ce faisant, qu'on est toujours tributaire des recherches historiques des ingénieurs hydrauliciens du XIXe siècle, soit les travaux de Jean-François d'Aubuisson de Voisins (1830), repris par Edmond de Planet (1889).
Dans le cadre d'une étude globale sur Toulouse au siècle des Lumières, nous avons été conduit à reprendre ce dossier et à le reconsidérer en nous appuyant sur une base documentaire méconnue ou ignorée de nos devanciers. Cette documentation permet ainsi de suivre l'évolution de la question de l'approvisionnement en eau de la ville au XVIIIe siècle à travers les réalisations et les projets qui virent alors le jour à cette époque.
Il s'avère que, malgré les bonnes intentions affichées, les édiles toulousains furent incapables de trancher le problème et de passer véritablement à l'action. Faute de mieux, on laissa le champ libre à des entrepreneurs privés à la recherche de bénéfices rapides et faciles. Ces entreprises, fondées sur l'utilisation de machines hydrauliques filtrant l'eau de la Garonne, ne réussirent pas à s'installer durablement. Le problème de l'eau ne parvint ainsi pas même à trouver de solutions intermédiaires de nature à soulager la pénurie d'eau qui dut s'aggraver avec l'augmentation d'une population se montrant de plus en plus sensible à la qualité de l'eau qu'elle consommait.