Industrialisation et capital financier
application aux entreprises de production et de distribution d'électricité en Languedoc-Roussillon (1890-1940) - 2005
Jean-Louis Escudier

Extrait de : "Paysages, territoires, aménagements dans le sud de la France (édition électronique)"
sous la direction de Jean-Louis Tissier ; 126e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Toulouse, 2001

Etienne Auphan, Michel Bartoli, Bernard Gonot, Guy Mainet, Philippe Vallette, Jean-Paul Métailié, Christine Vergnolle Mainar, Emmanuel Garnier, Jean-Yves Puyo, Robert Sourp, Jean-Luc Laffont, René Plessix, Jean-Louis Escudier
Paris, Éditions du CTHS
2005
p. 183-199
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Selon une assertion largement répandue, le Languedoc-Roussillon aurait raté sa révolution industrielle, notamment en raison de l’orientation vers la viticulture des capitaux financiers. Or, jusqu’à la période de l’entre-deux-guerres, cette région bénéficie d’un tissu d’entreprises industrielles performantes. Au travers d’un secteur industriel largement structuré par l’innovation, celui de l’électricité, nous proposons de développer cette problématique.
Sous l’impulsion d’entrepreneurs de talent, les entreprises régionales vont se positionner avantageusement sur le marché de la distribution d’électricité ; le Languedoc-Roussillon fut notamment parmi les premières régions françaises à développer à grande échelle l’électrification domestique. L’examen de la structure du capital financier et la composition des conseils d’administration des principales sociétés vise à dégager différents profils de financement. Au capital financier d’origine essentiellement régionale jusqu’à la première guerre mondiale se substitue ensuite un capital d’origine nationale. Dès les années 1900-1910, cohabitent des sociétés à caractère purement local (Société méridionale de transport de force, Société des forces motrices de l’Agout, Société nîmoise d’électricité) avec des entreprises à capitaux " externes " (Société hydroélectrique roussillonnaise, Sud électrique, Société biterroise de force et lumière, Compagnie montpelliéraine d’électricité...) et des entreprises émanant directement des compagnies charbonnières (Société grand-combienne d’éclairage et d’énergie, Électricité thermique de l’Orb et de Graissessac...). À partir de 1920, interconnexion des réseaux et processus de concentration se conjuguent pour favoriser les entreprises fonctionnant avec des capitaux contrôlés par de grandes sociétés ou des établissements bancaires.
Cette communication repose essentiellement sur l’exploitation d’archives d’entreprises (fonds EDF-GDF de Blois), des déclarations de sociétés et augmentation de capital social auprès des tribunaux de commerce (série U des Archives départementales) ainsi que sur deux fonds d'archives privés.