URSS-France : des évolutions différenciées pour des industrialisations originelles parentes
2006
Daniel Chave, Jeanine Cohen

Extrait de : "Le travail et les hommes aux XIXe et XXe siècles (édition électronique) "
sous la direction de Dominique Barjot ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Jan Berting, François Audigier, Bruno Benoit, Daniel Chave, Jeanine Cohen, Arnaud Berthonnet, Yvan Combeau, Marie-Christine Bailly-Maître, Laurence Pissard, Jérôme Cucarull, Alain Gatti, Fabienne Picard, Nathalie Rodet-Kroichvili, Alain Mélo, Christiane Demeulenaere-Douyère, David Lamoureux, Stéphanie Queval, Jean Lorcin, Chip Buchheit, Pascal Raggi, Anne Marle, Pierre Barbier, Daniel Berthereau, Florent Vanremortère, Daniel Blanc, Étienne Thévenin

Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 49-61
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les formes de travail, de qualification, de compétences ainsi que les modes de formation professionnelle industrielle sont des composantes essentielles des formes de relation entre le travail et les employeurs. Les formes de mobilisation des travailleurs ont tendu à les pousser à une activité de plus en plus intense. Nous nous efforcerons de montrer que, si les pays occidentaux ont connu ces transformations au cours du XIXe siècle, ces dernières ont eu une contrepartie souvent décalée dans l'histoire de l'industrialisation de l'Union Soviétique : dans ce cas, elles sont restées liées aux formes particulières d'usines qui ont été mises en place au moment de l'industrialisation, et tout particulièrement à ses débuts. Nous présenterons ce qu'a été la forme de l'usine soviétique : sa caractéristique d'usine complète, tout d'abord, de dispensatrice de services, dans un second temps. Nous verrons que, si ces formes particulières d'organisation industrielle ne sont pas sans exemples en France, elles ont suivi dans les deux pays des évolutions différentes, et il en est de même pour la question de l'organisation de divers services : logement, accès aux biens de consommation, loisirs, santé.
Sur la base du cadre industriel, nous présenterons successivement, d'une part, la forme particulière de la compétence ouvrière dans l'ancienne URSS, ses moyens de formation, les mouvements de personnel qu'elle permet, son organisation du travail et les moyens d'intensifier l'effort qui s'y révèlent ; et d'autre part, les spécialisations technopolitaines et manufacturières en France, le rôle des formations de haut et moyen niveaux, les modifications rapides et profondes du travail, de ses effectifs et de leurs localisations, en relation aux restructurations en cours.