Le cheval de mine en France : rendement et rentabilité
2006
Jean Lorcin

Extrait de : "Le travail et les hommes aux XIXe et XXe siècles (édition électronique) "
sous la direction de Dominique Barjot ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Jan Berting, François Audigier, Bruno Benoit, Daniel Chave, Jeanine Cohen, Arnaud Berthonnet, Yvan Combeau, Marie-Christine Bailly-Maître, Laurence Pissard, Jérôme Cucarull, Alain Gatti, Fabienne Picard, Nathalie Rodet-Kroichvili, Alain Mélo, Christiane Demeulenaere-Douyère, David Lamoureux, Stéphanie Queval, Jean Lorcin, Chip Buchheit, Pascal Raggi, Anne Marle, Pierre Barbier, Daniel Berthereau, Florent Vanremortère, Daniel Blanc, Étienne Thévenin

Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 187-199
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le traitement controversé réservé au cheval de mine ne s'explique que par le contexte économique de son utilisation. La substitution, à partir des années 1820 en France, de la traction animale au travail humain du porteur, du traîneur ou du rouleur a en effet été motivée par la recherche du rendement, augmenté dans la proportion de 1 à 8 et bientôt de 1 à 20 entre le rouleur et le cheval sur voies ferrées. L'écart est encore plus important en termes de prix de revient. L'utilisation du « moteur animé » a donc permis de faire face aux conséquences d'une concentration de l'exploitation, sous la pression de la concurrence anglaise, qui accroissait sans cesse le tonnage à transporter et la distance à parcourir entre les chantiers d'abattage et les puits.
Mais, dès les années 1880, l'exploitation intensive du cheval atteignait ses limites. Dès lors, elle recula peu à peu devant une mécanisation longtemps retardée par la quasi-impossibilité d'utiliser la machine à vapeur pour le transport souterrain, si ce n'est sous la forme du traînage mécanique à partir de la surface. Il fallut attendre l'air comprimé, l'électricité et surtout le moteur Diesel pour voir enfin la locomotive remplacer le cheval au fond.