Le travail en régie et la mécanisation des mines de fer de Lorraine dans les années 1950
2006
Pascal Raggi

Extrait de : "Le travail et les hommes aux XIXe et XXe siècles (édition électronique) "
sous la direction de Dominique Barjot ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Jan Berting, François Audigier, Bruno Benoit, Daniel Chave, Jeanine Cohen, Arnaud Berthonnet, Yvan Combeau, Marie-Christine Bailly-Maître, Laurence Pissard, Jérôme Cucarull, Alain Gatti, Fabienne Picard, Nathalie Rodet-Kroichvili, Alain Mélo, Christiane Demeulenaere-Douyère, David Lamoureux, Stéphanie Queval, Jean Lorcin, Chip Buchheit, Pascal Raggi, Anne Marle, Pierre Barbier, Daniel Berthereau, Florent Vanremortère, Daniel Blanc, Étienne Thévenin

Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 216-226
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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En Lorraine, le processus de modernisation des mines de fer, qui s'accélère à partir du début des années 1950, entraîne des changements importants dans la structure des effectifs ouvriers des entreprises minières. En effet, la mécanisation des méthodes d'exploitation modifie la nature du travail des mineurs. Elle transforme aussi le rapport numérique entre les deux grandes catégories de « gueules jaunes » : les mineurs proprement dits et les ouvriers de régie.
Les premiers, participant directement à la production (l'abattage) et traditionnellement payés au rendement, deviennent de plus en plus dépendants des machines et proportionnellement moins nombreux au sein du personnel ouvrier des mines de fer. Les seconds, payés à l'heure et assurant, entre autres tâches, l'entretien de ces mêmes machines et toutes les opérations de maintenance, connaissent une augmentation de leurs effectifs.
L'évolution technique du métier de mineur de fer change le travail en régie, jusqu'alors dévalorisé par rapport à celui effectué à l'abattage. Celui-ci devient un élément de plus en plus essentiel dans le processus d'extraction de la minette, au point d'entraîner une remise en question des statuts professionnels des mineurs.
Il peut être mis en évidence deux types de sources. On partira des témoignages contemporains de ces phénomènes : ceux provenant du journal syndical des mineurs de fer CGT, Le Sous-sol lorrain, ceux issus des résultats d'enquêtes réalisées auprès des mineurs lors de la mise en place de la mécanisation et les données chiffrées confirmant la transformation des effectifs ouvriers. Enfin, le recours à des interviews d'anciens mineurs effectuées après la fermeture des mines de fer lorraines apportera une appréciation plus détachée de la pratique quotidienne.