Les conflits du travail portés en justice, Lyon, XVIIe-XVIIIe siècles
2006
Françoise Bayard

Extrait de : "Le travail avant la révolution industrielle (édition électronique)"
sous la direction de Maurice Hamon ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Robert Carvais, Michèle Virol, Christian Desplat, Françoise Bayard, Charlotte Guichard, Michèle Toucas-Bouteau, Dominique Flon, Ania Guini-Skliar, Jean-François Budin, Olivier Zeller, Catherine Lanoe, Patrice Bret, Marie-Odile Bernez, Bernard Lachèse, Natacha Coquery, Aude Revier, René Plessix, Daniel Berni, Jean Flouret, Yann Le Hérissé, Jean-Paul Casse, Stefano Simiz, Nadège Perry, Abdallah Fili, Marie-Hélène Colin, Jocelyne Portier, Pascal Even, Luisa Dolza, Liliane Hilaire-Perez, Zina Weygand, Koïchi Horikoshi, Pierre Vicq, François Lormant, Georges Hanne, Jean-Marc Olivier, André Ferrer, Pierre Legal
Paris, Éditions du CTHS
2006
p. 71-80
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les nombreuses émeutes liées au travail de l'Ancien Régime étant désormais bien connues à Lyon, cette communication se propose d'étudier les conflits portés devant la sénéchaussée de la ville. Deux coupes effectuées en 1688 et en 1788 montrent que ces conflits ne disent jamais leur nom, dénoncent avant tout les violences physiques et verbales subies, mais constituent la première cause de dépôts des plaintes (16 %). La majorité (55 %) oppose des pairs, surtout pour des rivalités économiques ; la minorité (45 %) oppose des personnes se situant à des niveaux différents de la hiérarchie sociale, avant tout des compagnons et leurs maîtres, révélant les haines et le mépris des uns vis-à-vis des autres. Au cours du siècle, les conflits liés à l'apprentissage, à l'embauche, aux salaires et aux comptes mal réglés et les affaires opposant les maîtres aux maîtres gardes augmentent. On retrouve alors les oppositions aux tendances de l'évolution du travail à Lyon : constitution d'une hiérarchie de métiers, abondance de la réglementation, fermeture des métiers, formation d'une oligarchie de maîtres gardes exerçant leur activité de manière conservatrice.